Tronçon Newcastle: pas encore d’entente selon Robichaud

BATHURST – Le gouvernement provincial affirme qu’il est prématuré de dire qu’un accord a été trouvé pour conserver le tronçon de chemin de fer Newcastle qui relie Moncton à Bathurst.

La chaîne de télévision CTV rapportait mercredi qu’Ottawa et Fredericton étaient sur le point de conclure une entente pour investir 35 millions $ dans les rénovations majeures de cette portion de voie ferrée d’une distance de 225 km.

En marge des festivités du 15 août à Shippagan, jeudi, le vice-premier ministre Paul Robichaud a qualifié cette information de rumeur, mentionnant tout de même que son souhait était que ce racontar devienne réalité.

«À cette étape-ci, c’est plutôt une rumeur qu’un fait accompli. Je ne vous dis pas qu’il n’y a pas des discussions, des démarches, mais nous ne sommes pas à l’étape de faire une annonce. C’est prématuré d’affirmer, confirmer ou nier cette information», a dit Paul Robichaud.

Depuis que le CN a annoncé son intention de démanteler le tronçon de chemin de fer Newcastle à défaut d’investir de 30 à 50 millions $ pour le réparer, un comité composé du gouvernement provincial et des partenaires impliqués avait été formé pour se pencher sur le dossier.

«J’ai souligné depuis ce printemps que nous sommes prêts. Nous avons fait connaître notre position à nos autres partenaires qui sont le CN, VIA Rail et le gouvernement fédéral. Nous attendons que tout le monde soit prêt pour faire une annonce conjointe. À ce moment-ci, je n’ai pas d’information indiquant que les autres partenaires sont tous prêts, même si certains le sont», a précisé le vice-premier ministre.

Le nord-est du Nouveau-Brunswick se croise les doigts pour qu’une solution émerge afin de garder cette voie d’importance.

Pour Reynald Paulin, le président d’Engrais Chaleur à Petit-Rocher, c’est une question de survie pas seulement pour lui qui reçoit de 100 à 125 wagons de marchandises par année, mais pour toute cette partie de la province.

«C’est primordial pour nous. Le chemin de fer est un outil de développement. S’il nous coupe la voie, c’est comme si on perdait un pied et une main. Il va nous rester un autre pied et une autre main, mais on sera boiteux. Nous vivons dans une région éloignée et ça aurait des répercussions considérables. Si on laisse aller le train, l’avenir n’est pas brillant pour le Nord», a-t-il exprimé.

En quatre ans, le nombre de wagons a diminué de plus de moitié, selon le CN. La fermeture de la mine Brunswick ce printemps fait encore plus mal au CN.

Par ailleurs, selon le vice-premier ministre, la tragédie du Lac-Mégantic, au Québec, a eu un effet sur les négociations du tronçon Newcastle.

«Dans notre dossier, ça fait prendre conscience encore plus de l’importance de la sécurité ferroviaire et ça a remis une certaine pose sur nos négociations que nous avions avec certains de nos partenaires qui avaient d’autres priorités», a indiqué Paul Robichaud.

Si le CN abandonne ce tronçon de rails, le train de passagers VIA Rail qui fait la liaison entre Halifax et Montréal, en passant par Moncton, Miramichi, Bathurst, Campbellton, sera grandement affecté et n’aura pas d’autre choix que de trouver une alternative pour desservir sa clientèle.

Le CN n’a pas voulu commenter le dossier jeudi et nous a plutôt dirigés vers le gouvernement provincial.

Avec la collaboration du journaliste David Caron.