Équité salariale: les sommes retenues par l’employeur ne seront pas remboursées

GRAND-SAULT – Le gouvernement ne déboursera pas plus que les 2,15 $ l’heure en paiements d’équité salariale promis sur cinq ans aux employés des soins à domicile, selon la ministre Marie-Claude Blais. Même si 14 % de ce montant est retenu par l’employeur pour payer ses charges sociales.

Mme Blais, ministre de la Justice et ministre responsable de l’Égalité des femmes, affirme qu’il était nécessaire d’utiliser une partie des sommes promises aux employés afin de payer les charges obligatoires de l’employeur, comme les cotisations à l’assurance-emploi et au Régime de pensions du Canada.

«Si on avait des fonds à l’infini, on ferait les paiements au complet. Mais on est dans un contexte difficile et c’est la solution qui a été présentée aux employés et aux employeurs.»

En 2009, le gouvernement provincial a promis des versements d’équité salariale pour que les salaires des employés dans les domaines à prédominance féminine obtiennent un salaire jugé équitable par rapport à ceux des domaines à prédominance masculine. Pour les employés des soins à domicile, le gouvernement a calculé que le salaire équitable était de 13,15 $ l’heure en 2010, soit une augmentation de 2,15 $.

Les paiements seront toutefois étalés entre 2013 et 2017. Les employés s’attendaient donc à des versements de 0,43 $ l’heure, mais ils ont seulement reçu 0,37 $. Le reste est retenu par l’employeur.

L’Association du soutien à domicile du Nouveau-Brunswick, une association qui regroupe les agences de soins à domicile, précise que le versement des paiements d’équité salariale coûte cher aux employeurs en cotisations et en frais administratifs. Il souligne que le gouvernement les oblige à verser seulement 0,37 $ l’heure en paiements d’équité salariale pour la période s’étirant d’avril 2012 à avril 2013.

«Ça nous coûte 28 000 $ en charges sociales. S’il avait fallu payer tout ça, on aurait plié bagage», affirme pour sa part Murielle Bourgeois, directrice générale de Services d’aide à la famille Edmundston – Grand-Sault. Son agence emploie 320 employés de soins à domicile.

«On n’a jamais attaqué les employeurs, précise Vallie Stearns, présidente de la Coalition pour l’équité salariale du Nouveau-Brunswick. Mais le gouvernement a fait une étude pour savoir, c’est quoi, l’équité salariale et il est arrivé au montant de 2,15 $ pour l’année 2010. Les travailleuses ont le droit d’avoir ce montant tout de suite. Pas 0,43 $ par année, et surtout pas 0,37 $.»

Elle précise que si les agences ont de la difficulté à s’acquitter de leurs charges sociales, la responsabilité va au gouvernement et non aux employés.