Assurance-emploi: Yvon Godin n’entend pas «arrêter la bataille»

TRACADIE-SHEILA – Le 12 février 2013, plus de 500 manifestants prenaient d’assaut le centre-ville de Tracadie-Sheila pour exprimer leur mécontentement quant à la réforme de l’assurance-emploi. Certains ont bloqué le chemin, d’autres ont mis le feu à des pneus en plein milieu de la rue Principale. Cette scène résume bien la crise à laquelle fait illusion le politologue de l’Université de Moncton Jean-François Caron dans son nouvel ouvrage, L’assurance-emploi: les raisons de la colère.
Ce n’est donc pas un hasard si l’auteur a choisi cette même ville pour faire le lancement de son livre dimanche après-midi.
Seulement une dizaine de personnes étaient présentes à cet événement, mais le livre fait autant de bruit que les manifestants lors de cette journée, assure Denis Sonier, président des Éditions de la Francophonie.
«Rarement m’est-il arrivé de lancer un livre et d’avoir des commandes à l’extérieur des Maritimes. Le livre est sorti il y a quelques jours et déjà deux députés de l’Ouest et du Québec en ont fait la demande. J’ai plusieurs associations qui ont leur siège social à Montréal qui ont également demandé le livre.»
Yvon Godin, député néo-démocrate d’Acadie-Bathurst, était le seul représentant de la classe politique à avoir répondu à l’invitation de Jean-François Caron. Robert Goguen, député conservateur de Moncton-Riverview-Dieppe, n’y était pas, bien qu’il soit dans la région aujourd’hui (lundi) pour une série d’annonces de financement à Shippagan et à Tracadie-Sheila.
Yvon Godin était également présent à la plupart des manifestations ayant pour but de dénoncer la réforme. Bien que le mouvement se soit tranquillisé au courant des derniers mois, le député promet que son parti continuera d’aborder la question à Ottawa à la Chambre des communes.
«On n’arrête pas la bataille pour l’assurance-emploi. C’est inacceptable et ça n’a pas de sens. Au Nouveau-Brunswick, il y a 3000 personnes qui ne se qualifient plus pour l’assurance-emploi. Le problème avec Stephen Harper est qu’il est censé être le premier ministre du Canada et non de l’Ouest.»
Ces commentaires font écho à l’un des messages du livre de Jean-François Caron dans lequel il avance que la réforme a été guidée par les «intérêts particuliers» des provinces de l’Ouest.
«Aujourd’hui, c’est nous qui avons des problèmes, mais un jour ça pourrait être l’Ouest. Il se pourrait qu’un jour le robinet du pétrole ferme et qu’eux aussi aient besoin de l’assurance-emploi. Avec optimisme, c’est à souhaiter qu’un jour il y ait une situation de plein emploi ici, dans les Maritimes. Ça peut arriver, mais c’est pour cela que nous faisons partie d’une confédération et que nous sommes un pays. Dans un pays, il faut prendre soin les uns des autres.»
Yvon Godin craint aussi que certaines provinces, comme le Québec, aillent de l’avant avec leurs demandes de rapatriement du régime de l’assurance-emploi.
«Moi, je dis que s’ils font ça, c’est la fin. C’est un programme qui n’appartient ni aux provinces, ni au Canada. Il appartient aux travailleurs et aux employeurs. Tout le monde devrait pouvoir s’en servir quand ils en ont besoin.»