Gaz de schiste: la menace d’un affrontement fait place à la diplomatie

REXTON – La tension extrême des derniers jours a diminué autant que le déploiement policier. Au lieu de faire parler la poudre, les autorités ont engagé un ballet diplomatique. Lundi, l’ambiance était à la fête sur le campement des manifestants où quelques bonnes nouvelles ont été annoncées.

Après une première rencontre quasi impromptue dans les salons de l’hôtel Delta Beauséjour, dimanche à Moncton, le premier ministre David Alward a reçu lundi, à Fredericton, une délégation d’Elsipogtog conduite par le chef Arren Sock.

«Le message aujourd’hui est que le chef et des membres du conseil et M. Alward sont tombés d’accord pour former un groupe de travail», a annoncé Alfred Sock, membre du conseil d’Elsipogtog et représentant du chef.

Au moment de mettre sous presse, Arren Sock n’était toujours pas de retour au campement pour confirmer la nouvelle ni donner de plus amples renseignements sur la nature du groupe de travail et son mandat.

«Je vais voir qui au gouvernement va permettre de participer à ce groupe et quel est son but. Ce sont de bonnes nouvelles quand même. Ça veut dire qu’on peut finalement espérer qu’on gagnera en fin de compte, et que l’industrie comprendra qu’on ne les veut pas ici», a commenté Denise Melanson pour le groupe Upriver Environment Watch.

Près du campement des manifestants, sur la route 134, la présence policière est allégée. L’injonction du juge Rideout n’a toujours pas été officiellement notifiée aux manifestants. D’après Alfred Sock, membre du conseil de bande d’Elsipogtog, son exécution a été reportée à une date indéterminée.

«Le gouvernement et la GRC se renvoient mutuellement la balle. Aucun ne veut prendre la responsabilité de nous évacuer», a constaté Rachel Daigle, une des manifestantes visées par l’ordonnance.

Principe des vases communicants: tandis que les forces de l’ordre sur le terrain ont notablement diminué, les citoyens engagés contre le gaz de schiste étaient, lundi soir, dix fois plus nombreux que de coutume. Et pour cause: c’était jour de fête. Autochtones, Acadiens et anglophones ont célébré, de façon unitaire, le 250e anniversaire de la Proclamation royale du 7 octobre 1763, acte fondateur des relations entre la Couronne et les Premières Nations.

Plus de 200 personnes se sont réunies autour d’un grand pique-nique qui fut servi par les Warriors. Parmi les convives se trouvaient notamment Tina Beers, présidente du DSL de Harcourt, et David Coon, chef du Parti vert.

«C’est pour moi une journée particulièrement importante et symbolique. J’espère que la rencontre entre le premier ministre Alward et les Premières Nations marquera le début d’une nouvelle entente», a déclaré à l’Acadie Nouvelle le chef des écologistes du Nouveau-Brunswick qui se dit prêt, s’il est élu l’an prochain, à négocier avec les Autochtones un traité moderne pour relancer la relation multiséculaire sur des bases nouvelles.