Cruauté envers les homards: l’industrie défend ses pratiques

MONCTON – Des membres de l’industrie du homard réfutent les arguments de PETA, l’association de défense des droits des animaux qui mène une campagne contre la cruauté faite au crustacé.

La pratique dans les usines de transformation de homard critiquée par PETA (People for the ethical treatment of animals), soit le fait d’arracher les pattes et les queues alors que le homard est vivant avant de les cuire, n’est pas cruelle, affirme un propriétaire d’usine de transformation.

Selon lui, l’erreur de PETA est de comparer le homard, un invertébré, aux humains et aux autres animaux vertébrés. «Ce n’est pas une affaire de cruauté, a lancé Normand LeBlanc, propriétaire du Captain Dan’s, de Cap-Lumière. Si PETA avait ce qu’il voulait, tous les humains du monde seraient végétariens.»

«On peut penser qu’un homard, c’est comme une vache dans un champ, mais c’est une espèce complètement différente, a-t-il poursuivi. On compare le fait d’arracher une patte de homard à arracher le bras d’un être humain, mais ce n’est pas du tout la même chose. La dernière fois que j’ai regardé, le bras d’un humain ne peut pas repousser.

Un homard, oui. Dans la nature, il perd même naturellement ses pinces parfois.»

L’argumentation de PETA s’appuie sur l’affirmation que les homards ressentent la douleur. Sur son site Internet, PETA cite le zoologiste Jaren G. Horsley, un professeur de biologie du collège Northern Virginia.

«Les homards ont un système nerveux sophistiqué qui leur permet, entre autres, de sentir des actions qui vont leur causer du mal… Ils peuvent, j’en suis sûr, sentir de la douleur,» affirme-t-il.

Dans une publication titrée Les invertébrés souffrent-ils?, le Comité sénatorial permanent des affaires juridiques et constitutionnelles du Parlement du Canada attaque la question.

Le comité débute le rapport, qui se réfère à neuf différentes études scientifiques, en établissant que la douleur est un processus psychologique et non physique. En d’autres mots, seuls les animaux capables d’éprouver la peur, l’anxiété, la détresse et la terreur peuvent éprouver de la douleur.

Les invertébrés, comme les homards, les crabes et les crevettes, sont dépourvus de colonne vertébrale ou de moelle épinière. Leur physiologie serait donc trop différente de la nôtre pour dire qu’ils éprouvent de la douleur.

«Il est certes impossible de connaître avec certitude l’expérience subjective d’un animal, mais l’ensemble des données donne à penser que la plupart des invertébrés n’éprouvent pas de douleur. La preuve est assez forte dans le cas des insectes; pour les autres animaux, il y a consensus autour du fait qu’ils n’éprouvent pas de douleur», conclut le rapport.

Le rapport mentionne également que les invertébrés ont traditionnellement été exclus des lois sur la cruauté envers les animaux.