Défaite du NPD en Nouvelle-Écosse: Dominic Cardy demeure optimiste

MONCTON – Le chef du NPD du Nouveau-Brunswick, Dominic Cardy, garde confiance malgré la raclée encaissée par ses collèges néo-démocrates en Nouvelle-Écosse.

Après avoir traîné de la patte dans les sondages pendant plusieurs mois, le Nouveau Parti démocratique a été chassé du pouvoir en Nouvelle-Écosse mardi par les libéraux de Stephen McNeil.

La défaite est écrasante pour le premier ministre sortant Darrell Dexter, qui voit le nombre de députés de son parti passer de 31 à 7, en plus de perdre son propre siège. Après 15 ans comme député provincial, il a été battu par 31 votes par le candidat libéral.

Avec la fin abrupte du premier gouvernement néo-démocrate de l’histoire des Provinces de l’Atlantique, le chef du NPD du Nouveau-Brunswick, Dominic Cardy, perd l’un de ses proches alliés politiques. Il reconnaît que ses collègues néo-écossais ont subi de lourdes pertes, mais relativise le tout.

«Il est clair que c’est une grande défaite pour les néo-démocrates de la Nouvelle-Écosse. Il y a des députés et même des ministres qui ont été défaits. Mais ça arrive en politique, les choses peuvent changer rapidement», dit-il en entrevue avec l’Acadie Nouvelle.

Dominic Cardy tient à souligner que le NPD du Nouveau-Brunswick partage la philosophie de l’aile néo-écossaise du parti, mais qu’il a ses propres politiques.

«Le gouvernement Dexter a eu la chance de changer les choses. Il est clair qu’il a commis des fautes aussi. Pour nous, au Nouveau-Brunswick, c’est notre parti et notre province. On a aussi des politiques différentes.»

Parmi les fautes dont il fait mention, il y a notamment le refus du gouvernement Dexter de protéger les trois circonscriptions acadiennes lors du redécoupage de la carte électorale. Cette décision a provoqué la colère de certaines organisations acadiennes, qui se sont liguées contre les néo-démocrates lors de la campagne.

«Je trouve que la décision qui a été prise est négative. Tant que le gouvernement était au pouvoir, je ne pouvais pas critiquer cela. (…) Ils ont créé une crise pour aucune raison et je trouve que c’est une faute», affirme Dominic Cardy.

Un autre point faible du gouvernement Dexter, selon lui, a été son approche en matière de développement économique. C’est que le gouvernement a accordé de l’assistance financière à de grandes entreprises et certains investissements n’ont pas produit les résultats escomptés. Des ratées dont le chef libéral néo-écossais, Stephen McNeil, s’est servi afin de critiquer le bilan du gouvernement Dexter.

Le chef néo-démocrate néo-brunswickois est bien sûr attristé par la défaite de Darrell Dexter, mais se console en se disant que la victoire des libéraux est de bon augure puisqu’il partage leur aversion des subventions aux grandes entreprises.

Si les électeurs néo-écossais ont fait preuve d’ouverture face à cette position du Parti libéral, les électeurs néo-brunswickois pourraient aussi se ranger derrière la position semblable défendue par le NPD du Nouveau-Brunswick, espère-t-il.

«On a une approche différente au Nouveau-Brunswick. On va continuer dans la même direction, on n’a pas beaucoup de raisons de changer. Les libéraux ont gagné et l’élément central de la campagne de Stephen McNeil était le même que le nôtre, soit notre approche par rapport au soutien aux entreprises. C’est donc peut-être quelque chose de positif pour nous, au Nouveau-Brunswick», dit Dominic Cardy.

Beaucoup de différences entre le N.-B et la N.-É., selon Robichaud

MONCTON – Alors que plusieurs voient dans la défaite du NPD néo-écossais un avant-goût de ce qui attend le gouvernement Alward dans un an, le vice-premier ministre Paul Robichaud assure qu’il n’est pas du tout inquiet pour l’avenir de son parti. «Non, pas pour le moment. Je suis très sincère quand je vous dis ça parce qu’il y a beaucoup de différences entre la situation en Nouvelle-Écosse et la situation au Nouveau-Brunswick», dit-il. Il explique que les libéraux de la Nouvelle-Écosse n’ont pas été au pouvoir depuis 14 ans, alors que le Parti libéral a formé le gouvernement au Nouveau-Brunswick jusqu’en 2010. «Les Néo-Brunswickois vont se rappeler, ou on va s’assurer de la leur rappeler, la situation dans laquelle les libéraux ont mis la province lorsqu’ils étaient au pouvoir. Même s’ils ont changé de chef, il n’en demeure pas moins que c’est la même équipe qui l’entoure (le chef, Brian Gallant).» Paul Robichaud soutient aussi qu’il reste encore plusieurs mois avant le scrutin du 22 septembre 2014. Il ajoute qu’il est déjà arrivé que des partis fassent une remontée dans les semaines précédant des élections et l’emportent, comme en 1999 avec Bernard Lord et en 2010 avec David Alward. «Onze mois, c’est une éternité en politique», dit-il. – PRN