Étude environnementale sur la centrale de Mactaquac

FREDERICTON – Énergie NB commande une étude indépendante au coût de 2,3 millions $ sur les conséquences environnementales des options envisagées pour l’avenir du barrage hydroélectrique de Mactaquac.

Le barrage de Mactaquac devait fournir de l’électricité aux Néo-Brunswickois durant un siècle. La fragilité du béton utilisé lors de la construction du déversoir du barrage a cependant réduit considérablement la durée de vie de la structure.

Trois solutions s’offrent à Énergie NB d’ici 2030. Le barrage aura alors 62 ans. La société d’État pourrait choisir de remplacer le déversoir pour continuer à produire de l’électricité à Mactaquac, de déclasser la centrale en y laissant le barrage, ou de retirer carrément la structure.

Le président-directeur général d’Énergie NB, Gaëtan Thomas, a annoncé mardi la création d’un fonds de recherche de 2,3 millions $ pour permettre au Canadian Rivers Institute (CRI) d’étudier les conséquences environnementales qu’aurait chacune des trois options proposées.

«Énergie NB doit établir une préférence parmi les options qui s’offrent à elle au sujet de l’avenir de Mactaquac, et ce, d’ici trois ans», a déclaré le PDG.

«Nous sommes fiers de travailler avec des chercheurs du domaine aquatique qui sont parmi les meilleurs au monde, ce qui va nous assurer que la science sera le fondement de notre choix. Nous avons déjà quelques réponses, mais nous n’avons pas toutes les réponses», a-t-il dit.

Le CRI entend «fournir une analyse scientifique objective et transparente qui pourra être défendue», a précisé le directeur de l’institut affilié à l’Université du Nouveau-Brunswick, Allen Curry.

«Nous sommes emballés par le fait qu’Énergie NB commandite cette importante recherche qui va contribuer à enrichir les connaissances scientifiques déjà acquises sur les effets possibles de la construction et du démantèlement de barrages.»

Énergie NB doit prendre sa décision en 2016 afin d’être en mesure d’obtenir les approbations nécessaires et de compléter la conception et les travaux en 2030.

Mactaquac fournit de l’énergie à environ 12 % des foyers et des entreprises du Nouveau-Brunswick. La centrale a une capacité de production hydroélectrique de 660 MW.

Deux des solutions considérées par Énergie NB signifieraient la fin de la production d’électricité à Mactaquac, même si la société d’État n’envisage pas que «la demande en électricité va diminuer d’ici 2030, au contraire», a affirmé leur porte-parole, mercredi.

«C’est très logique de penser que nous aurons besoin de nous approvisionner en électricité d’une autre façon si l’une de ces deux options se concrétise», a confirmé Deborah Nobes.

«Mais en ce moment, les trois options sont sur la table et nous y pensons très longtemps à l’avance», a-t-elle dit.

Énergie NB n’a pas précisé combien pourraient coûter les trois scénarios envisagés.

Le processus comprend également une consultation avec les Premières Nations.

«Historiquement, les relations entre Énergie NB et les peuples autochtones ont toujours été destructrices. Les projets antérieurs ont inondé les communautés et les cimetières et ont causé une douleur immense à notre peuple», a déclaré mardi l’Assemblée des chefs des Premières Nations dans un communiqué de presse.

«Ces dernières années, Énergie NB a cherché à réparer ces relations. Ce projet est une opportunité pour Énergie NB de démontrer qu’il est sérieux au sujet de l’écriture d’un nouveau chapitre dans ses relations avec les peuples des Premières Nations de cette province», ont-ils indiqué.

Les Premières Nations doivent être «une partie intégrante de toute décision concernant la remise en état du barrage», ont signalé les chefs.