L’ombudsman rencontrera les manifestants jeudi

ELSIPOGTOG – La constitution d’un groupe de travail sur le gaz de schiste, annoncée à l’issue d’une rencontre entre le premier ministre, David Alward, et le chef Arren Sock, est en cours. Un membre des comités non autochtones, peut-être un Acadien, pourrait en faire partie. C’est ce qu’a révélé Nicole Richard, porte-parole du groupe Notre Environnement, Notre Choix.

«Kenneth Francis, qui est très respecté dans la réserve, aimerait donner sa place à un Acadien, si c’est possible. On ne veut pas que ce soit une affaire purement autochtone, et certains Micmacs sont convaincus que ce serait une bonne chose. Ils vont lancer un appel au chef Sock pour inclure des représentants d’autres communautés», a indiqué Mme Richard.

Mercredi après-midi, le chef d’Elsipogtog n’était pas disponible pour commenter la nouvelle. Du côté de Fredericton, le Cabinet du premier ministre s’est borné à déclarer que la constitution du groupe était en cours et qu’un communiqué serait diffusé à l’issue du processus.

Sur le front de la contestation, les dernières nouvelles rassurent un peu la population. L’ombudsman provincial, Charles Murray, semble décidé à s’emparer du dossier. Après avoir reçu plus de 1000 plaintes d’opposants à l’industrie gazière, le médiateur ira jeudi midi à la rencontre des manifestants.

Il sera probablement accueilli par les Warriors, qui ont reçu des renforts au cours des derniers jours. Symboliquement, un tipi se dresse à l’entrée du campement situé sur la route 134, près de Rexton. Une trentaine de guerriers, dont de nombreux jeunes d’environ 20 ans, campent en permanence sur le site.

M. Murray devrait également recevoir quelques-uns des 29 signataires d’une pétition qui lui a été adressée la semaine passée. Porte-parole du groupe Upriver Environment Watch, Ann Pohl en avait fait l’annonce lundi soir au cours du grand pique-nique qui célébrait le 250e anniversaire de la Proclamation royale de 1763.

«L’ombudsman nous a envoyé un courriel, et nous allons probablement le rencontrer dans la semaine», avait alors déclaré Mme Pohl.

Les pétitionnaires, qui représentent 16 municipalités du comté de Kent, réclament une enquête sur le travail effectué par le professeur LaPierre qui a conduit à l’octroi des permis à SWN. En outre, ils demandent à M. Murray de recommander au gouvernement de suspendre temporairement ces permis pendant la durée de l’enquête.

L’utilité du groupe de travail mise en doute

REXTON – Quelle mission, quel mandat pour le groupe de travail? Mais surtout, quelle utilité? Parmi les opposants au gaz de schiste, certains ont l’impression que la manoeuvre est dilatoire.  Un média autochtone, Aboriginal Peoples Television Network (APTN), s’est procuré des notes manuscrites, attribuées au chef Arren Sock, écrites lors de la rencontre à l’hôtel Crowne Plaza Lord Beaverbrook de Fredericton. «Le temps est ce dont nous avons besoin pour régler la situation explosive», peut-on lire en substance. «L’équipement déplacé jeudi?», est-il aussi écrit, sans que l’on sache de quel jeudi et de quel équipement il s’agit. D’autres points obscurs font état d’une question relative à l’hébergement, ainsi qu’à un accord fiscal. Dans son article, le journaliste Jorge Barrera est arrivé à la conclusion que le gouvernement du
Nouveau-Brunswick et le chef d’Elsipogtog négocient la fin du blocus et la reprise de l’exploration gazière par SWN, sous certaines conditions. Sur le groupe Facebook «Shale Gas Alerts New Brunswick», une internaute, Amanda Dale, exprimait mercredi son scepticisme à travers des propos enflammés. «Un groupe de travail? C’est du bla-bla. N’avons-nous rien appris des centaines de promesses qui n’ont jamais été tenues? Est-ce qu’Alward essaie de démontrer qu’il fait réellement quelque chose pour ses électeurs, ou bien le chef Sock est-il disposé à négocier à un certain prix? Il y a peu de place pour la négociation, et se rencontrer en donnant l’impression que nous sommes prêts à négocier avec le gouvernement et SWN est une claque dans la figure de tous ceux qui se battent pour éviter le fracking (la fracturation hydraulique)», a-t-elle commenté. Lundi soir, le conseiller d’Elsipogtog, Alfred Sock, a réitéré le désir des Micmacs de reconduire SWN jusqu’à la frontière des États-Unis. – DD