Abus sexuels: 18 ans de prison pour l’ex-conseiller Snook

SAINT-JEAN – Dans une décision attendue, le juge Alfred Brien, de la Cour provinciale, a condamné l’ancien conseiller municipal de Saint-Jean Donnie Snook à une peine exemplaire de 18 ans de prison.

Arrêté à son domicile par le Groupe de lutte contre l’exploitation d’enfants sur Internet de la GRC à la suite d’une vaste enquête entamée en 2011, Donnie Snook avait plaidé coupable en mai à 46 chefs d’accusation. Parmi ceux-ci: agression sexuelle ainsi que possession, distribution et production de pornographie juvénile. Les faits impliquaient 17 jeunes garçons majoritairement originaires de la région de Saint-Jean.

Le jugement est tombé peu avant 11 h ce jeudi, dans une petite salle d’audience du Palais de justice de Saint-Jean qui était bondée.

Habillé sobrement avec un veston sport et assis au box des accusés entouré de trois shérifs, M. Snook, âgé de 41 ans, a attentivement écouté le juge Brien qui, durant 30 minutes, a exposé les comportements déviants de ce dernier et justifié en détail la peine qui allait lui être imposée.

Une période et une attente qui furent plutôt longues pour plusieurs personnes qui, tremblant parfois ou essuyant des larmes, ont tenu à assister à la comparution de celui qui était, à une époque pas si lointaine, un modèle de dévouement et d’engagement communautaire.

Le juge Brien a considéré plusieurs circonstances aggravantes en rendant sa décision. Parmi celles-ci, le magistrat a souligné la gravité des gestes posés, le nombre important de victimes et le fait que M. Snook ait grandement profité de son statut d’intervenant modèle dans des programmes destinés aux jeunes et d’élu municipal pour exploiter sexuellement plusieurs enfants.

Ayant rapidement plaidé coupable et ayant grandement collaboré avec la justice, Donnie Snook a aidé sa propre cause, a également tenu à souligner le juge.

La procureure du ministère public, Karen Lee Lamrock, réclamait 21 ans d’emprisonnement, alors que la défense demandait une peine de 12 ans de prison.

Incarcéré depuis janvier, Snook purgera sa peine dans un pénitencier fédéral, à un endroit qui reste à être déterminé.

«C’est une sentence qui est appropriée dans les circonstances», a tout d’abord affirmé l’avocat de la défense, Dennis Boyle, qui a ajouté que la détention préventive de son client sera soustraite à la sentence de 18 années de prison imposée. Donnie Snook pourrait être admissible à une libération conditionnelle dès 2018, selon son avocat.

«Il s’est dit soulagé que tout soit terminé, il veut aller de l’avant en purgeant sa peine et en suivant une thérapie», a de plus précisé Me Boyle, qui s’est entretenu quelques instants avec son client, qui venait tout juste d’être condamné.

À l’extérieur du Palais de justice, Grace Murphy, qui a longuement côtoyé Donnie Snook dans un organisme communautaire en tant que bénévole, s’est quant à elle dite satisfaite de la sentence imposée.

«À mon avis, il n’a pas démontré beaucoup de remords et il a fait tellement de dommages et de victimes qui vont souffrir le reste de leur vie. Je suis heureuse de la peine dont il a écopé, mais cinq ou dix ans de plus auraient été appropriés.»

Donna Snook, sœur du condamné, a assisté à la comparution de son frère et s’est même entretenue avec les nombreux médias présents sur place.

«Il devrait y avoir plus de ressources et d’aide en place pour les victimes, sinon dans dix ou quinze ans, ce sont elles qui vont peut-être se retrouver en cour pour faire face à des accusations semblables. Si Donnie avait reçu une forme d’aide à cette époque, il n’aurait sans doute pas été si loin dans ses agressions sexuelles», a-t-elle affirmé.

Donnie Snook fait toujours face à deux accusations de contact sexuel et deux accusations d’agression sexuelle pour des infractions présumées qui ont eu lieu à Terre-Neuve-et-Labrador. Parallèlement à cette histoire, la GRC enquêterait également sur des agressions sexuelles il aurait lui-même été victime à l’âge de 10 ans.