Une autre saison désastreuse pour les homardiers du Sud-Est

MONCTON – La saison de pêche automnale dans le détroit de Northumberland (zone 25) a pris fin jeudi. Si à première vue le calme était au rendez-vous sur les quais cette année, l’insatisfaction règne quand même toujours chez les pêcheurs.

La pêche au homard automnal dans le détroit de Northumberland a été plus calme que l’année dernière. En 2012, des centaines de pêcheurs avaient bloqué l’accès à des usines de transformation pour protester contre les faibles prix obtenus pour leurs captures.

Les prix sont demeurés relativement bas cette saison.

Les pêcheurs ont reçu 2,50 $ pour le homard de petite taille et 3 $ pour le gros durant la majorité de la saison. Ces prix sont toujours trop bas pour une pêche viable, disent-ils.

«Un prix de 2,50 $ la livre pour le homard, ce n’est pas trop fort, pousse Gaston Mazerolle, un pêcheur de Pointe-Sapin. Il y a beaucoup de gens qui ne trouvent pas ça rentable. Il nous faut plus que le prix qu’on a eu cette année pour vivre.»

L’autre grande déception de l’automne 2013 a été la limite des prises quotidiennes. Les transformateurs ont imposé aux pêcheurs une limite de 800 livres par jour afin de prévenir un engorgement dans les usines en début de saison.

«Les limites ont été désastreuses pour le Nouveau-Brunswick, parce que les pêcheurs de l’Île-du-Prince-Édouard n’ont pas cette contrainte, affirme Maurice Martin, un pêcheur de l’Aldouane. Les gars de l’île ont vendu 14 000 livres dans la première semaine et, par ici, nous étions limités à 800 livres par jour (5600 livres par semaine). Ç’a été terrible.»

Certains pêcheurs menacent de remonter aux barricades l’an prochain si rien ne change.

«On nous a mis des bâtons dans les roues depuis l’année passée, on est mal traités, avance M. Martin. Ça va changer. S’il faut recommencer comme l’année passée, on va le faire, parce qu’on ne peut plus fonctionner comme maintenant. C’est la vie ou la mort.»

Des membres de l’industrie espèrent qu’un rebondissement du marché du homard permettra d’éviter une nouvelle crise. Le développement des marchés en Europe et en Asie et une amélioration générale de l’économie mondiale pourraient faire grimper la valeur du crustacé.

«Ça commence à se remettre sur pied petit à petit, fait savoir Normand LeBlanc, propriétaire de Captain Dan’s, à Cap-Lumière. Les bas prix ont créé une demande, ce qui a réduit les stocks sur le marché. Il commence à y avoir une amélioration.»

M. LeBlanc ajoute que les transformateurs n’établissent pas le prix du homard. Il est déterminé par la loi de l’offre et de la demande.

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LA QUALITÉ S’AMÉLIORE, LES PRIX DEMEURENT BAS

CAP-LUMIÈRE – À la demande des usines de transformation, les pêcheurs de homard ont fait des efforts cette année pour améliorer la qualité du crustacé qu’ils rapportent aux quais.

Leur travail a été remarqué par les transformateurs. Au dire du propriétaire de Captain Dan’s, Normand LeBlanc, «la manière dont les pêcheurs ont pris garde à leur homard est mille fois meilleure que les autres années.»

Malgré cela, les homardiers estiment que leurs efforts n’ont pas été récompensés.

«Les pêcheurs ont porté une attention particulière à la manutention et à la qualité en général du homard, puis ils ont été récompensés de façon négative de la part des transformateurs», mentionne Michel Richard, de l’UPM.

Le 14 septembre, le prix du homard a bien augmenté de 25 cents. Par contre, plusieurs homardiers ont fait remarquer qu’à cette date les prises sont déjà en déclin en raison du cycle de mue du homard. – JMD