L’école Champlain est une priorité pour la ministre de l’Éducation

MONCTON – La structure de l’école Champlain est en bonne santé, mais son environnement immédiat ne la favorise pas chez les élèves et les enseignants. Entre le déménagement des entreprises qui occupent le parc industriel, et la relocalisation de l’école, les parents pressent le gouvernement de prendre une décision.

Odeurs pestilentielles qui pénètrent jusque dans certaines salles de classe, poussière soulevée par le passage de plus de 300 camions chaque jour, montagnes de déchets en guise de paysage: les usagers de l’école Champlain ne sont pas épargnés par la présence d’entreprises à proximité du lieu. Depuis la rentrée scolaire, trois récréations ont été annulées en raison de la mauvaise qualité de l’air.

Comme pour donner raison aux parents inquiets, une nuisance sonore a interrompu l’intervention de Thomas Weber, directeur des Installations éducatives et des Transports scolaires.

Retenue ailleurs, la ministre de l’Éducation et du Développement de la petite enfance, Marie-Claude Blais, ne veut pas perdre de temps dans le dossier.

«La situation ici est une priorité pour la ministre, qui veut trouver les solutions les plus efficaces pour tous», a déclaré M. Weber, qui la représentait.

Ce dernier a indiqué que les options à court terme étaient limitées, et que presque toutes celles qui pouvaient l’être ont été mises en oeuvre. Les solutions permanentes sont plus difficiles à instaurer. Elles seront discutées jeudi prochain par Mme Blais, qui va rencontrer le Comité parental d’appui à l’école Champlain (CAPÉ) et le Conseil d’éducation du District (CÉD) scolaire francophone Sud.

«Il serait inapproprié pour moi de parler des détails maintenant. Je peux dire que toutes les options sont des projets de grande envergure, impliquant plusieurs organismes. Certaines options demandent des approches jamais vues auparavant», a précisé Thomas Weber, ménageant le suspense.

La maire adjointe, Paulette Thériault, a rappelé que lors de sa première élection en 2008, le dossier de l’école Champlain était aussi tabou qu’autrefois celui du bilinguisme. Elle a salué les progrès réalisés en sept ans, le dossier étant devenu important pour la municipalité.

De façon schématique, et dans l’attente de plus amples détails, le choix est soit de faire déménager les entreprises du parc industriel, soit de reconstruire l’école ailleurs, mais dans la même zone de fréquentation. Tout est sur la table.

«Le rôle du CÉD n’est pas de faire déménager les entreprises, mais de s’assurer que la population étudiante et le personnel sont dans un milieu propice. C’est la raison pour laquelle il y a deux options», a mentionné le président du Conseil d’éducation du District scolaire francophone Sud, Gilles Bourque.

La présidente du CPAÉ, Stéphanie Hopper, est contente de la récente nomination de Mme Blais au portefeuille de l’Éducation. Elle est convaincue de la bonne volonté de la ministre de faire trouver rapidement une solution viable. C’est avec impatience qu’elle attend que la province dévoile son plan d’action.

«J’aimerais qu’elle nous dise soit que c’est faisable de faire bouger les entreprises, soit que ça ne pourrait pas fonctionner et qu’alors elle chercherait à construire une nouvelle école ailleurs. Ce qu’on veut éviter, c’est le statu quo

Au final, ce sont les coûts respectifs de chaque option qui feront pencher la balance d’un côté ou d’un autre. Le ministère devrait faire connaître ses intentions lors de la présentation de son budget d’immobilisations, en décembre.

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LES PARENTS PRESSENT LE GOUVERNEMENT D’AGIR

MONCTON – Au cours de la période de questions, Marie Chamberland, maman de deux enfants scolarisés à l’école Champlain, a exprimé ses soucis pour leur santé. Félicitant la Ville pour ses récentes résolutions à court terme, elle estime cependant qu’elles ne règlent rien.

«Si à la maison, mon plafond s’effondre, et que je fais ramasser la poussière sur le plancher, ça ne répare pas le plafond. À quoi bon donner des carottes aux enfants pour leur collation s’ils ne peuvent pas respirer une qualité d’air saine?», a-t-elle demandé.

S’exprimant comme cliente de l’école, et en qualité de chef d’entreprise prête à investir pour satisfaire sa clientèle, elle enjoint le gouvernement à faire de même, et ce, le plus tôt possible.

«Le temps presse. Nos enfants n’ont pas le luxe d’attendre encore une année ou deux avant de pouvoir respirer de l’air frais», a-t-elle encore dit. Mme Chamberland s’est dite interpellée par les propos de la maire adjointe. Un peu plus tôt, Paulette Thériault avait reconnu que, comme grand-mère, elle n’encouragerait pas ses petits-enfants à fréquenter l’école Champlain.

Le CPAÉ espère fortement que la province ne va plus temporiser et prendra une décision d’ici décembre. – DD