Une centenaire de plus dans la Péninsule acadienne

MAISONNETTE – La Péninsule acadienne compte une centenaire de plus. Il s’agit de la très rayonnante Lydia Boudreau, de Maisonnette.

Même si le grand jour est aujourd’hui (jeudi), une célébration en compagnie de sa famille et ses amis aura lieu samedi à 16 h 30 au sous-sol de la salle paroissiale de Maisonnette.

La table de cuisine de la jubilaire déborde déjà de cartes d’anniversaire.

Toujours en très grande forme, Mme Boudreau occupe ses journées avec la lecture, les mots croisés et même des parties occasionnelles de cartes et de Scrabble.

«Aujourd’hui, je me sens très bien, j’ai lu mon journal et, ce qui m’a fait un gros plaisir, la femme qui travaille avec moi m’a donné le livre Philo de Paquetville, une autre centenaire», dit-elle.

Mère de 11 enfants, Lydia Boudreau a toujours été très active dans sa communauté.

«Ce n’était pas des grosses affaires. J’ai été présidente du foyer-école, des Dames de sainte Anne, de l’Institut féminin, des petites choses comme ça. J’ai aussi participé au Festival des huîtres, surtout dans les premiers temps. Ils n’étaient pas beaucoup équipés, donc on leur prêtait des affaires.»

Se disant sans grande instruction formelle, elle s’est éduquée en s’adonnant à la lecture, un de ses passe-temps préférés.

«Je ne suis pas instruite, mais je me suis instruite à lire beaucoup. Je suis allée à la petite école jusqu’à la 8e année. Après, je suis allée à l’École normale pour avoir mon permis. J’ai eu une moyenne de 94,7 % pour obtenir ma licence, mais c’était seulement pour la 3e classe. En plus, c’était à Fredericton, où tout se passait en anglais, à part la grammaire française.»

«J’ai commencé en 1931 dans les écoles, puis il n’y avait presque rien. Ça ressemblait comme au Village (Historique) Acadien, mais c’était comme ça.»

Cet amour pour l’éducation et le savoir a sans doute été l’une des clés du succès de ses 11 enfants, qui sont devenus, entre autres, écrivain, caricaturiste à l’Acadie Nouvelle, travailleur social, enseignant, bibliothécaire ou lauréat d’une Médaille du Gouverneur général.

«J’ai essayé de leur montrer de vivre et de respecter. Je pense que j’ai de bons enfants.»

Après 100 ans de vie sur terre, elle continue de vivre de façon sereine. «J’ai­me la vie. J’ai toujours aimé les gens et recevoir. J’ai fait une vie bien simple, mais je ne regrette rien. J’attends la fin, mais je suis prête.»