Gaz de schiste: Kent-Sud veut se faire entendre

NOTRE-DAME – «Klaxonnez si vous buvez de l’eau». Munis de leurs pancartes et de leur enthousiasme, les opposants au gaz de schiste de la région de Kent-Sud mènent une opération de sensibilisation en faisant la tournée des communautés.

Un coup de klaxon est une gratification immédiate. C’est de cette façon qu’Éveline Haché, de Cocagne, perçoit la joyeuse fanfare des avertisseurs sonores. Mercredi après-midi, c’est donc un minitintamarre qui s’est produit devant l’église de Notre-Dame-de-Kent.

Contre le gaz de schiste, les aînés reprennent du service. Mme Haché, qui a constitué le comité en juillet dernier, reconnaît que pour les retraités, l’engagement est presque devenu un emploi à plein temps. Les volontaires viennent de Cocagne, de Saint-Antoine, de Bouctouche et des environs.

«On se réunit une fois par semaine, dans différents villages, pour attirer l’attention des gens sur le problème. C’est trop sérieux pour être passé sous silence», dit-elle.

Le groupe de Kent-Sud va continuer ses rassemblements le long des routes durant le prochain mois, toujours à l’heure de pointe, de 16 h à 17 h 30. Après, le comité élaborera une autre stratégie. D’une façon ou d’une autre, il est bien décidé à se faire entendre.

«On dirait que ça nous permet de sortir nos angoisses. On trouve vraiment qu’on n’est pas écoutés, qu’on n’a pas assez d’informations. Il faut vraiment creuser pour aller les trouver, ça ne vient pas facilement.»

La communauté acadienne veut aussi démontrer qu’il n’y a pas que les Autochtones qui sont concernés par le dossier de la fracturation hydraulique. Dans Kent-Sud, ce dossier devrait constituer un enjeu électoral majeur au cours des 12 prochains mois.

«J’ai rencontré M. (le ministre des Transports Claude) Williams la semaine passée, et cela en est rendu au point qu’il est assez embarrassé avec cette affaire-là», a constaté Freddy Dupuis, un opposant de la première heure, qui se bat depuis près de quatre ans.

«On est là pour montrer notre soutien, et dire qu’on est avec les opposants qui sont à Rexton», a ajouté son épouse Thérèse.