Gaz de schiste: au moins 40 arrestations

REXTON – La situation a pris une tournure dramatique durant les dernières heures sur la route 11 à la hauteur de Rexton.

Au moins 40 personnes ont été arrêtées lors d’une manifestation contre l’exploitation des gaz de schiste qui a tourné au vinaigre, a indiqué la Gendarmerie royale du Canada.

Les prévenus ont été arrêtés pour des gestes liés à des armes à feu, menaces, intimidation, méfaits et violation d’une injonction de la cour, a indiqué la police.

Au moins cinq véhicules de police ont été détruits après avoir été incendiés, des cocktails Molotov ont été lancés sur les policiers, et au moins un coup de feu a été tiré par un civil, selon la GRC.

La police a commencé jeudi matin à faire respecter une injonction accordée plus tôt ce mois-ci pour mettre fin au blocus visant à empêcher l’entreprise gazière SWN Resources d’effectuer des tests sismiques dans la région. Le blocus se tenait près de Rexton, sur la route 134, à proximité de l’entrepôt d’équipement d’exploration de la compagnie.

Les manifestants, parmi lesquels se trouvent des membres de la Première Nation Elsipogtog, réclament que la compagnie quitte la province.

Robert Levi, conseiller membre de la Première Nation Elsipogtog, a raconté, plus tôt jeudi, que la police avait vaporisé du poivre de Cayenne sur des dizaines de personnes après 9 h 30, lorsqu’il arrivait sur les lieux accompagné du chef et du conseil de la nation. Selon lui, le chef a été quelque peu malmené, et une bousculade a éclaté.

La GRC s’est rendue au blocus vers 7 h 30 jeudi, mais elle ne pouvait dire combien d’agents avaient été déployés ni combien de manifestants s’y trouvaient.

«Nous avons fermé la route jusqu’à ce que la situation se résorbe, pour la sécurité du public, a affirmé l’agente Jullie Rogers-Marsh. L’opération se poursuit.»

M. Levi croit qu’il y avait quelques centaines de personnes à l’une des barricades.

Les écoles des environs ont vite été fermées pour la journée.

«Les membres de la GRC ont travaillé assidument avec toutes les parties concernées dans l’espoir que la situation soit réglée de façon pacifique. Leurs efforts n’ont pas été couronnés de succès. La tension montait et des actes criminels graves étaient commis, déclare la gendarme Jullie Rogers-Marsh de la GRC au Nouveau-Brunswick. Des menaces ont été proférées contre des employés d’une entreprise privée de sécurité travaillant sur les lieux. Il y a eu des infractions en matière d’armes à feu, des incidents d’intimidation et des méfaits, et d’autres gestes criminels ont été posés. Pour toutes ces raisons et pour garantir la sécurité publique, les policiers devaient intervenir. »

Des policiers demeurent sur les lieux pour s’occuper des manifestants, qui sont nombreux, et pour surveiller l’évolution de la situation. On a établi un grand périmètre de sécurité autour du secteur afin de garantir la sécurité publique.

La route 134 demeure fermée à la hauteur de Rexton, et la route 11 demeure fermée entre Richibucto et Sainte-Anne-de-Kent. On demande aux automobilistes de prendre la route 126 au lieu de la route 11.

La GRC avait bloqué la route 134 le 29 septembre lorsqu’une manifestation a commencé à déborder sur la voie publique. Les manifestants ont ensuite coupé des arbres de chaque côté de la route, bloquant l’accès aux terrains de la compagnie.