Une scientifique de formation devient DG de l’Institut de l’énergie

MONCTON – L’hydrogéologue Annie Daigle devient la première directrice générale de l’Institut de l’énergie du Nouveau-Brunswick.

L’Acadie Nouvelle a appris que cette ingénieure et géologue de formation a été nommée directrice générale de l’Institut et qu’elle est en poste depuis mercredi dernier. Sa nomination devrait être annoncée plus tard cette semaine.

Elle prend ses nouvelles fonctions alors que l’Institut se remet péniblement d’une crise majeure. Au début de septembre, Radio-Canada a révélé que l’instigateur et premier président de cette entité, Louis LaPierre, avait menti sur son curriculum vitae. Deux semaines plus tard, il a reconnu ses torts et a démissionné de son poste.

En interview téléphonique, Annie Daigle explique que l’équipe de cette nouvelle entité, créée plus tôt cette année par le gouvernement provincial et composée d’un conseil consultatif scientifique ainsi que d’un groupe de chercheurs universitaires, veut passer à autre chose.

«J’ai hâte d’être capable de mettre ces questions de côté et de foncer dans le travail. Je pense que tous les membres du conseil consultatif scientifique sont d’accord et aimeraient juste tourner la page et foncer dans le projet. On a de gros défis et on aimerait commencer à faire notre travail», dit-elle.

Elle dit croire fermement que l’Institut est toujours pertinent, quoi qu’en disent certains critiques, qui ont affirmé que la débâcle de son instigateur et premier président mine sa crédibilité.

«Les gens qui sont associés à l’Institut sont sans reproche, à mon avis», dit-elle.

Elle affirme que ce ne sont pas les connaissances scientifiques de Louis LaPierre qui ont été utilisées lors du développement de l’Institut, mais plutôt «sa capacité de rassembler les gens et de se servir de ses contacts pour vraiment créer un institut dont la crédibilité est fantastique».

Annie Daigle détient un baccalauréat en génie géologique de l’Université du Nouveau-Brunswick ainsi qu’une maîtrise en géologie de ce même établissement. Elle a travaillé comme experte au ministère de l’Environnement et des Gouvernements locaux du Nouveau-Brunswick jusqu’en 2011. Elle a alors été réaffectée au groupe de travail sur le gaz naturel créé par le gouvernement provincial.

Ce groupe a développé une série de mesures réglementaires afin d’encadrer l’industrie gazière dans la province. En 2012, le document de travail qui en est ressorti a fait l’objet d’une tournée provinciale de consultations publiques. Annie Daigle était membre du comité qui a mené cette tournée. Louis LaPierre, un professeur à la retraite de l’Université de Moncton, en assurait la présidence.

Dans le rapport qu’il a déposé en octobre 2012, Louis LaPierre a donné le feu vert au développement de l’industrie dans la province et a notamment recommandé la création d’un institut de l’énergie chargé d’étudier les données scientifiques sur l’exploitation des ressources gazières et pétrolières.

En janvier 2013, le gouvernement a annoncé la mise sur pied de cet institut et la nomination de Louis LaPierre à sa présidence. Lorsqu’il a démissionné, il a été remplacé sur une base intérimaire par l’un des membres du comité consultatif scientifique, l’ingénieur chimiste et ancien sous-ministre adjoint au gouvernement provincial, David Besner.

L’INSTITUT DÉMÉNAGE DE MONCTON À FREDERICTON

MONCTON – Jusqu’à récemment, l’Institut de l’énergie avait pignon sur rue à Moncton, puisque c’est là qu’était situé le bureau de son président, Louis LaPierre. Sa démission et l’arrivée de deux dirigeants établis à Fredericton changent la donne.

«L’Institut était un institut virtuel, de prime abord. Le conseil consultatif scientifique a changé la constitution par la suite, après le départ de Louis LaPierre, afin de créer le poste de directeur ou directrice générale. Cela exige une présence moins virtuelle. On a besoin d’un local, de quelques bureaux pour moi-même et pour une assistante administrative, qui va aider au fonctionnement», explique la nouvelle directrice générale de l’Institut, Annie Daigle.

Les nouveaux locaux seront situés à Fredericton où demeurent Annie Daigle et le président par intérim de l’Institut, David Besner. – PRN