Le voeu de Fernand Arsenault: éliminer la pauvreté au N.-B. d’ici 2025

MONCTON – La Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté a été soulignée le 17 octobre, à Moncton. Organisé par le Front commun pour la justice sociale, un forum provincial a rassemblé les quatre formations politiques.

Le Front commun souhaite faire de l’élimination de la pauvreté un enjeu électoral. La balle est dans le camp des partis politiques qui brigueront les suffrages des électeurs dans moins d’un an. Tous ont reçu les propositions du Front pour mettre en oeuvre des actions concrètes, reprises par Cathy Rogers, professeure de sociologie, dans son exposé de la situation de la pauvreté dans la province.

Relever le taux de base et augmenter graduellement le salaire minimum, adopter un régime d’assurance-médicaments pour les non-assurés, transformer les garderies en un réseau public de service de garde pour les enfants, les mesures que le Front commun pour la justice sociale souhaite que les partis politiques reprennent dans leurs programmes respectifs ne manquent pas. De façon inattendue, une nouvelle demande est venue se greffer à celles du Front.

Depuis près de 60 ans, Fernand Arsenault participe à tous les rassemblements pour essayer de diminuer la pauvreté. Jeudi dernier, il fêtait son 84e anniversaire. C’est un appel vibrant et généreux qu’il a lancé à David Coon, Madeleine Dubé, Brian Gallant et Kelly Lamrock, à la fin de la table ronde.

«C’est ma fête aujourd’hui. Mes amis, ce que je veux comme cadeau, c’est que vous mettiez dans votre programme électoral qu’en 2025 on aura éliminé la pauvreté au Nouveau-Brunswick», a demandé Fernand Arsenault.

«Dans votre programme, j’aimerais qu’on ait comme premier principe de redonner la dignité personnelle à chacun des citoyens du Nouveau-Brunswick, a poursuivi l’octogénaire, chaleureusement applaudi. On a des centres de recherches pour éliminer le cancer. Pourquoi n’aurait-on pas un centre pour essayer de trouver des moyens pour éliminer la pauvreté en 2025? C’est le cadeau que j’attends de vous autres.»

Ce cadeau est loin d’être acquis, d’après Simon Ouellette, vice-président de la FÉÉCUM, qui a relevé des lacunes dans les discours des politiciens.

«Ils veulent faire des réformettes sur les coins, des politiques cosmétiques plutôt que s’attaquer au coeur du problème qui est foncièrement économique. La ressource est là: on a la plus grande raffinerie au pays, la plus grande scierie à l’est du Québec, et nous avons des problèmes dans la récolte de nos redevances.»

La journée a culminé avec une cérémonie au Monument contre la pauvreté, situé dans le parc Riverain, et une marche vers l’hôtel de ville.

LE BILINGUISME, PARENT «PAUVRE» DU FORUM

MONCTON – Malgré un service de traduction simultanée, ou peut-être à cause de celui-ci, la langue française n’a pas brillé au forum provincial sur l’élimination de la pauvreté. L’universitaire Cathy Rogers a fait toute sa présentation en anglais. Les quatre représentants politiques se sont tous exprimés en français, mais dans une proportion beaucoup moins importante qu’en anglais. Sur 10 personnes du public qui sont intervenues à la fin de la table ronde, une seule, Fernand Arsenault, a parlé dans la langue de Molière.

«C’est parce que la pauvreté se vit essentiellement en anglais, pense Simon Ouellette. Quand tu as une bonne job, à l’université, dans les hôpitaux, dans la fonction publique, c’est facile de vivre et de travailler en français, pas quand tu es serveur au Tim Hortons. La pauvreté est un facteur d’assimilation.» – DD