Grabuge à Rexton: les accusés restent en prison

MONCTON –  Les six opposants au gaz de schiste arrêtés à Rexton, jeudi, sont toujours derrière les barreaux après une autre journée passée au Palais de justice de Moncton.

Plus de cinq heures d’audience n’ont pas suffi, mardi, pour déterminer si Coady Stevens, Jason Augustine et David Mazerolle pourront retrouver leur liberté en attendant la tenue de leur procès.

Les trois hommes s’attendaient à voir la fin de leur audience de remise en liberté au Palais de justice de Moncton, mais la cour n’a finalement entendu qu’une partie de la cause de M. Stevens.

En avant-midi, un policier impliqué dans l’enquête a été interrogé par le procureur de la Couronne, Rémi Allard, au sujet des accusations portées contre M. Stevens.

L’après-midi a été consacré au contre-interrogatoire de l’agent de la paix par l’un des avocats de la défense, Gilles Lemieux. Le ton entre les deux hommes a monté d’un cran à plus d’une reprise durant leur échange. Un deuxième témoin a également été interrogé par l’autre avocate de la défense, Alison Ménard.

Une ordonnance de non-publication a été émise par le juge Camille Vautour à la demande de la défense, empêchant ainsi les médias de rapporter les propos des témoins. L’audience de remise en liberté de Coady Stevens se poursuit mercredi.

Le jeune Autochtone fait face à six chefs d’accusation, dont celui de séquestration, un acte criminel passible d’une peine maximale d’emprisonnement de dix ans. M. Stevens est également accusé entre autres d’avoir proféré des menaces, d’entrave au travail d’un policier et de voies de fait.

«Je t’aime, maman», a-t-il lancé au moment de quitter le box des accusés pour être ramené à sa cellule.

Jason Augustine et David Mazerolle ont brièvement comparu par la suite devant le juge Vautour afin de leur indiquer que leur tour viendrait plutôt mercredi au lieu de mardi comme il était prévu précédemment.

M. Augustine a profité de l’occasion pour jeter un «Je t’aime, bébé» vers sa compagne dans l’audience, ce qui a été suivi par un «Mon frère, ma soeur, je vous aime» de la part de M. Mazerolle.

Les deux hommes font aussi face à de nombreux chefs d’accusation.

Coady Stevens, Jason Augustine et David Mazerolle ont été arrêtés avec 37 autres personnes lors d’une opération policière d’envergure, jeudi, sur la route 134 près de Rexton.

Des opposants au gaz de schiste, en majorité des Autochtones de la Première Nation d’Elsipogtog, bloquaient le passage aux camions sismiques de l’entreprise SWN Ressources depuis le 29 septembre. La GRC qui surveillait le site depuis cette date a décidé d’intervenir jeudi pour déloger les manifestants.

Des 40 personnes arrêtées, 31 ont été libérées peu de temps après contre la promesse de se présenter au tribunal à une date ultérieure. Trois autres individus ont été accusés puis libérés sous condition par la suite.

James Pictou, Germain Junior Breau et Aaron Francis sont toujours incarcérés. Leur audience de libération conditionnelle est prévue pour mercredi, mais elle pourrait fort bien être reportée à jeudi ou vendredi en raison du retard dans la cause des trois autres accusés.