Libération des opposants au gaz de schiste: les procédures s’étirent

MONCTON – L’audience de remise en liberté de Coady Stevens, un des six opposants au gaz de schiste incarcérés depuis la crise du 17 octobre, continue de se prolonger. L’audience des cinq autres personnes arrêtées à Rexton, il y a une semaine, est encore remise en conséquence.

Après deux jours d’audience et l’interrogation de six témoins, le Juge Camille Vautour décidera, jeudi matin, si Coady Stevens sera libéré de la prison en attendant le début de son procès.

L’Autochtone de 27 ans de la Nouvelle-Écosse fait face à six chefs d’accusation, dont celui de séquestration, un acte criminel passible d’une peine maximale d’emprisonnement de 10 ans. Il est aussi accusé entre autres d’avoir proféré des menaces, d’entrave au travail d’un policier et de voies de fait.

Mercredi en matinée, deux policiers impliqués dans l’enquête ont été interrogés par le procureur de la Couronne, Rémi Allard, et l’avocat de la défense, Gilles Lemieux.

En après-midi, les avocats de la défense ont convoqué trois témoins, soit un témoin oculaire de la scène du 17 octobre, la petite amie de l’accusé et M. Stevens lui-même.

Les avocats de la défense demandent que M. Stevens soit libéré sous condition. Le procureur, pour sa part, demande qu’il demeure incarcéré jusqu’à son procès.

Une ordonnance de non-publication a été émise par le juge, mercredi, à la demande de la défense. Les médias n’ont donc pas le droit de rapporter les propos des témoins.

L’ancienne chef d’Elsipogtog, Susan Levi-Peters, s’indigne du fait que le processus dure aussi longtemps.

«C’est trop long, a-t-elle affirmé mercredi midi. C’est la septième journée que les hommes sont incarcérés. Nous sommes ici pour chercher nos hommes. Nous voulons nos hommes chez nous.»

«J’ai demandé à la Couronne ce matin pourquoi ne pas les libérer, prendre le temps de s’organiser et passer au procès?»

Les cinq autres accusés, Jason Augustine, David Mazerolle, James Pictou, Germain Junior Breau et Aaron Francis ont brièvement comparu devant le juge Vautour, mercredi. Il les a informés que leur cas serait repoussé d’un autre jour. Le tour de MM. Pictou, Breau et Francis pourrait être reporté à vendredi en raison des retards.

En entrant dans le box des accusés, certains des accusés ont levé leurs mains menottées dans les airs. Plusieurs membres de l’audience ont levé le poing en signe de solidarité. Environ 25 personnes étaient dans l’assistance.

Au total, les accusés font face à 37 chefs d’accusation. Germain Junior Breau est le seul des opposants à être accusé de manipulation négligente d’une arme à feu et d’avoir braqué une arme à feu.

La cour peut s’appuyer sur trois motifs pour déterminer si des accusés sont libérés en attendant leur procès: la probabilité que l’accusé retourne en cour pour subir son procès, la gravité de ses crimes et la perception du public de l’administration de la justice.