Mieux vaut être prêt pour négocier avec les compagnies d’assurances après un incendie

NDLR – Un grand nombre de résidences ont été la proie des flammes au cours du dernier mois. L’Acadie Nouvelle vous propose aujourd’hui un minidossier portant sur les préparatifs à faire afin d’éviter de mauvaises surprises avec les compagnies d’assurance.

CARAQUET – Mieux vaut prévenir que guérir. C’est vrai pour se prémunir contre les incendies de maison, mais aussi pour minimiser les conséquences d’un feu quand vient ensuite le temps de négocier avec son assurance pour les remboursements.

Personne ne souhaite voir sa maison partir en fumée, mais qu’arriverait-il si le pire survenait? Celles et ceux qui ont souscrit une assurance habitation pensent avoir la réponse et être à l’abri du moindre tracas. Sauf que cela n’est pas toujours si simple.

Comme le rappelle un professionnel de l’assurance, les règles d’indemnisation s’appuient sur un principe bien simple. «C’est à l’assuré de prouver sa perte et non à l’assurance, c’est ça que les gens ne comprennent pas toujours», a pu constater au fil des ans Adelbert Dugas, d’Assurance Chaleur, à Caraquet.

La question se pose moins pour le bâtiment lui-même que pour l’ensemble des biens, meubles et objets personnels qu’il abritait avant l’incendie.

«La maison en tant que telle, ce n’est pas compliqué à évaluer; le contenu, c’est parfois plus difficile», reconnaît Stéphane Lemaire, le directeur général d’Assurance Mourant.

Aussi, l’assureur conseille de se préparer au pire en établissant un inventaire de tout ce que la maison renferme.

«L’inventaire, c’est mieux de le faire avant. Après le feu, c’est dur de se rappeler ce que tu avais dans la maison. On conseille de faire un inventaire, mais ce n’est pas tout le monde qui le fait et c’est ça le problème. En fait, pratiquement personne ne le fait avant», souligne de son côté Adelbert Dugas.

Un oubli que beaucoup regrettent ensuite quand vient le temps de présenter une réclamation.

«Les gens ne se rappellent pas forcément tout ce qu’ils avaient. C’est important de faire un inventaire de tous les biens, les effets personnels, les meubles, le linge, etc.», détaille Stéphane Lemaire.

Les deux assureurs proposent une solution simple pour assurer la tranquillité d’esprit de leurs clients.

«Ce que je conseille souvent, c’est de prendre une caméra et de filmer tout ce qu’il y a dans la maison, explique Stéphane Lemaire en rajoutant une précision d’importance, il faut bien sûr que l’enregistrement soit conservé à l’extérieur de la propriété, dans un coffre de sécurité, par exemple.»

Les images seront ensuite d’une aide précieuse pour établir son inventaire. Une précaution que l’on peut compléter en prenant des photos des biens importants et en conservant en lieu sûr les factures des plus gros achats.

«Une photo cela vaut 1000 mots», insiste également Claude Landry, un expert en assurance indépendant de Caraquet.

C’est d’autant plus vrai que la liste qui doit être transmise à l’assurance après un sinistre doit comprendre pour chaque objet dont on demande le remboursement «l’endroit où il a été acheté, l’année approximative, à quel prix et la valeur de remplacement», poursuit l’expert.

«Ce n’est pas compliqué, mais ça demande énormément de temps. Tu ne peux pas le faire dans une journée. On suggère d’y aller pièce par pièce pour remplir les formulaires.»

Avoir la preuve de ce que l’on avait avant l’incendie est encore plus important si on possède des objets de grande valeur ou des collections. Dans ce cas, une deuxième précaution s’impose. Il est conseillé de procéder à une évaluation précise des biens les plus précieux.

«L’évaluation se fait sur des objets spécifiques comme des bijoux, des manteaux de fourrure, des œuvres d’art ou encore des collections», explique Adelbert Dugas. Il faut alors souscrire des polices spécifiques.

«Ce n’est pas nécessairement beaucoup plus cher, mais les gens hésitent parfois, car il faut monter à Bathurst, payer le gaz et l’évaluateur», poursuit-il.

«Si vous avez des choses de valeur, c’est important de les faire évaluer à l’avance pour qu’elles soient assurées à leur juste prix»,
recommande-t-il tout de même.

Une précaution utile, car la majorité des contrats d’assurance habitation prévoient un plafond pour la couverture des biens personnels.

«Suivant les compagnies, cela peut être
75 % ou 80 % de la valeur de la propriété», précise Stéphane Lemaire.

LES RÈGLES DE PRÉVENTION

CARAQUET – Se prémunir des incendies ou réussir à contenir un petit départ de feu passent par des gestes simples.

«La première des choses c’est d’avoir des extincteurs, des détecteurs de fumée et de monoxyde de carbone», énumère Stéphane Lemaire, le directeur général d’Assurance Mourant.

«Faire vérifier l’électricité, faire inspecter sa cheminée régulièrement par des professionnels, ce sont des points importants pour prévenir les incendies», poursuit-il en mettant en avant une dernière recommandation.

«Comme beaucoup d’incendies dans les maisons sont dus aux sécheuses, maintenant, je demande à mes clients de remplacer leur tuyau en plastique de sécheuse par un tuyau flexible en métal.» – PiL