«On reste dans une roulotte de camping»

CARAQUET – Il y a bientôt cinq mois que la maison où elle vivait dans la région de Campbellton avec son ami de cœur a été ravagée par un incendie, mais Janie Chiasson vit toujours dans une roulotte avec son enfant âgé de 13 mois.

Fort heureusement personne n’a été blessé dans l’incendie.

«L’air de rien, je suis sortie en bobettes, on n’avait plus rien. C’était un feu d’origine électrique. Tout l’intérieur a brûlé, mais la coquille est encore debout, donc les assurances jouent sur ça», déplore cette mère de famille à bout de patience.

«On reste dans une roulotte de camping, mais la petite est tannée d’être là-dedans.»

La solution de relogement provisoire, valable qu’un temps, touche à sa fin.

«L’hiver arrive et il va falloir qu’on se trouve une autre place pour rester mais, un appartement meublé, il n’y en a pas de disponible dans le coin», fait-elle remarquer.

L’assurance a pris en charge la location de la roulotte et a offert une allocation pour permettre à la famille de s’acheter le minimum vital. Elle a aussi fait une première offre d’indemnisation qui ne satisfait pas la famille victime de l’incendie.

Le provisoire s’éternise considère Janie Chiasson, qui aimerait bien qu’une solution soit trouvée avec son assurance.

«On attend toujours leur deuxième offre», explique-t-elle. «Un autre deux ou trois semaines et notre entrepreneur ne pourra pas nous bâtir cette année.»

De l’expérience qu’elle vit actuellement elle tire plusieurs enseignements. Le premier est la nécessité de «bien clarifier avec les assurances ce qu’ils vont faire s’il arrive de quoi. C’est quoi les étapes. Des fois ça vaut la peine de payer un peu plus cher pour avoir du meilleur service après.»

Pour obtenir une indemnisation pour les meubles et autres effets personnels, elle a dû réaliser un inventaire détaillé. Un exercice dont elle ne garde pas le meilleur des souvenirs.

«Cela m’a pris trois mois pour tout écrire. Après l’incendie c’est un autre stress qui s’ajoute. Pourquoi n’y a-t-il pas quelqu’un qui vient avant et qui évalue combien on a de biens et de meubles»,
s’interroge-t-elle.

CINQ À SIX MOIS POUR RECONSTRUIRE

CARAQUET – Les règles d’indemnisation pour la perte du bâtiment d’habitation lui-même sont assez simples. Si la maison est une perte totale, elles prévoient en général un montant permettant la reconstruction de la maison à l’identique ou presque.

«Il faut expliquer dès le départ à l’assuré qu’il a le droit d’avoir ce qu’il avait, pas plus, pas moins. On va remettre dans la même condition que c’était avant que ça arrive», précise Claude Landry. Expert indépendant en assurance à Caraquet, il est mandaté par les assurances en cas de sinistre à titre d’ajusteur.

Combien de temps cela peut-il prendre?

«En moyenne, et quand tout va bien, cela prend de cinq à six mois pour que la personne ait sa maison à nouveau», répond-il. Mais, là encore, chaque situation est particulière.

«Il y a beaucoup de facteurs qui entrent en ligne de compte. Après l’enquête de la GRC ou de la police, l’enquête du prévôt des incendies, si le feu n’est pas d’origine criminelle, le temps de faire l’enquête civile, les évaluations, de se mettre d’accord sur le montant des dommages, on peut donner l’accord pour commencer la construction, mais ensuite tout dépend de l’entrepreneur que les gens ont choisi.»

Quant à savoir si les assurances obligent ou pas les assurés à reconstruire à la même place où ils ont perdu leur maison, la réponse est plus complexe. Les propriétaires peuvent le demander, mais ils ne toucheront pas le plein montant de la couverture, comme l’explique Claude Landry.

«C’est un choix. Les polices prévoient que tu reconstruis sur les mêmes lieux ou des lieux adjacents avec des matériaux de même genre et de même qualité. Si l’assuré veut reconstruire ailleurs, la compagnie ne va pas payer le coût de remplacement, ils vont y aller avec la valeur au jour du sinistre avec une dépréciation. Tu peux décider aussi de ne pas reconstruire, l’assurance va payer la valeur au jour du sinistre avec une évaluation qui prendra en compte le marché immobilier du secteur et la dépréciation suivant l’âge de la maison». – PiL