Vote libre: la proposition de David Coon n’intéresse pas les élus

MONCTON – Le chef du Parti vert du Nouveau-Brunswick, David Coon, demande la tenue d’un vote libre sur la suspension des permis d’exploration du gaz de schiste. Ce voeu a cependant bien peu de chances d’être exaucé, si l’on se fie à ce que nous affirment en interview des représentants des deux seuls partis présents à l’Assemblée législative.

Selon David Coon, la tenue d’un tel vote libre, c’est-à-dire un vote lors duquel les députés pourraient se prononcer sans être tenus de suivre la ligne de leur parti, est nécessaire.

«Le gouvernement est pris, il faut trouver le moyen de se sortir du dilemme actuel. Il me semble que de soumettre la question à un vote libre auquel participeraient tous les députés serait une façon de le faire», affirme-t-il en entretien téléphonique avec l’Acadie Nouvelle.

Un obstacle majeur se dresse dans la voie de David Coon; son parti ne siège pas à l’Assemblée législative. Et les deux seuls partis présents en Chambre ne semblent pas du tout intéressés de lui donner un coup de main.

«Ce n’est pas l’intention du gouvernement de M. Alward de tenir un tel vote», dit le vice-premier ministre et leader parlementaire des progressistes-conservateurs, Paul Robichaud.

Il ajoute qu’il aimerait bien savoir si l’opposition officielle libérale est plus ouverte à cette idée, parce qu’«après tout, ce sont les libéraux qui ont apporté l’industrie du gaz de schiste au N.-B. et qui ont accordé les permis d’exploitation que l’on a présentement sur le territoire néo-brunswickois», dit-il.

Paul Robichaud remet aussi en question l’idée de David Coon.

«On enlèverait les permis de ces compagnies-là pour quels motifs? Normalement, lorsque l’on enlève des permis à quelqu’un, c’est parce qu’il ne respecte pas les lois et les règlements de la province. Tout de suite, SWN Resources respecte toutes les lois et tous les règlements de la province.»

David Coon n’est pas d’accord avec Paul Robichaud.

«Dans ce cas-ci, l’attribution des permis a clairement été une erreur. L’industrie gazière n’a pas le consentement de l’électorat. Demandons aux représentants élus du peuple de voter», dit-il.

Le leader parlementaire adjoint et président du caucus de l’opposition officielle, Victor Boudreau, n’est pas plus chaud que Paul Robichaud à l’idée de porter le projet de David Coon en Chambre.

«Notre position et celle de M. Coon ne sont pas pareilles. Ce n’est donc pas à nous de faire la promotion de la proposition de M. Coon dans ce dossier-ci. Nous ne sommes pas nécessairement sur la même page», dit-il.

Le Parti libéral est en faveur de l’imposition d’un moratoire sur l’exploration et l’exploitation du gaz de schiste au Nouveau-Brunswick, alors que le Parti vert en faveur d’une interdiction complète.

Quant à la pointe de Paul Robichaud, qui ne se gêne pas pour rappeler que ce sont les libéraux qui ont ouvert la porte à l’industrie alors que Shawn Graham était le premier ministre, Victor Boudreau dit qu’il commence à être lassé d’en entendre parler.

«Ça fait trois ans maintenant que ce sont eux (les progressistes-conservateurs) qui ont le contrôle du dossier. Ça commence à être une vieille nouvelle de vouloir blâmer ça sur le gouvernement précédent», dit-il.

L’Acadie Nouvelle a tenté de recueillir les commentaires du chef néo-démocrate, jeudi après-midi. Dominic Cardy n’a pas rappelé le journal. On sait cependant qu’il a déjà été en faveur d’un vote semblable. En décembre 2011, alors que Dominic Cardy était en poste, le NPD, le Parti vert et l’Alliance des gens du Nouveau-Brunswick ont publié un communiqué de presse commun afin de demander un vote libre à l’Assemblée législative sur le développement de l’industrie du gaz de schiste dans la province. – PRN