Bleuets sauvages: le N.-B. souhaite profiter de la croissance de la demande

INKERMAN – Le gouvernement provincial lance une nouvelle stratégie provinciale en matière de production de bleuets sauvages.

La stratégie, dévoilée lundi matin à Inkerman, près de Shippagan, s’étend sur cinq ans et vise à aider les producteurs du Nouveau-Brunswick à profiter de la croissance de la demande mondiale pour le bleuet sauvage.

Le gouvernement du Nouveau-Brunswick soutient que la production de ce petit fruit est en croissance depuis près d’une décennie. En 2013, 40 millions de livres de bleuets sauvages ont été cultivées dans la province, une hausse d’environ 20 millions par rapport à 2003.

«Il faut encourager cette industrie parce qu’il y a un potentiel énorme. Le marché asiatique est pleinement ouvert aux bleuets. Le gouvernement fédéral vient aussi de signer un accord de libre-échange avec l’Union européenne, donc ce sera possible pour nous d’envoyer des bleuets transformés en Europe», souligne le ministre des Ressources naturelles, Paul Robichaud.

L’un des points principaux du plan gouvernemental est le développement d’au moins 20 000 acres de terres de bleuets sauvages de plus, dont 10 000 dans la Péninsule acadienne. Cinq mille six cents acres de terres de la Couronne doivent être mises à la disposition des producteurs du Nord-Est d’ici deux ans. Environ 70 % des terres de bleuets sauvages cultivées dans la province sont situées dans la Péninsule acadienne.

Présentement, près de 33 000 acres sont cultivées dans la province. La province espère encourager les producteurs locaux à accroître leur capacité de production afin d’attirer des transformateurs pouvant concevoir des produits à valeur ajoutée.

«Il faut avoir une masse critique de producteurs de bleuets pour faire de la valeur ajoutée. Notre objectif, c’est d’avoir cette masse critique pour intéresser une, deux ou plusieurs entreprises spécialisées dans la valeur ajoutée de considérer le Nouveau-Brunswick comme un endroit propice où s’installer», admet Paul Robichaud.

Depuis plusieurs mois, les producteurs de bleuets de la Péninsule acadienne craignent que l’entreprise néo-écossaise Oxford Frozen Foods s’installe dans la région et revendique le monopole des terres de la Couronne. Le ministre Robichaud maintient que les producteurs locaux vont pouvoir tirer avantage du plan.

«C’est un plan pour favoriser les producteurs. Plus on aura de bleuets en production, plus on intéresse les entreprises à faire de la valeur ajoutée au Nouveau-Brunswick. Présentement, on produit environ 45 millions de livres de bleuets au Nouveau-Brunswick, dont une trentaine de millions dans le Nord-Est. La vaste majorité est expédiée à l’extérieur de la province.»

Pour élaborer sa stratégie provinciale, le gouvernement provincial a consulté différents experts et organismes, dont l’Association des bleuets sauvages de l’Amérique du Nord. Fait intéressant, l’organisme est maintenant présidé par David Hoffman, vice-président d’Oxford Frozen Foods.

Un fonds de 600 000 $ sera également disponible aux producteurs de bleuets pour la rénovation des chemins d’accès et l’aménagement de puits communs.

Le gouvernement Alward a annoncé son intention de développer l’industrie du bleuet sauvage dans le discours du Trône de 2012.