Edmundston: des travailleurs de la santé manifestent contre les compressions (AVEC VIDÉO)

EDMUNDSTON – Le 1er décembre, Marcel Chamberland perdra son emploi après huit années comme préposé au département de médecine de l’Hôpital régional d’Edmundston. D’autres collègues risquent le même sort avec les récentes compressions annoncées par le Réseau de santé Vitalité.

Le 24 septembre, le président-directeur général du réseau Vitalité, Rino Volpé, a annoncé que 74 nouveaux postes seraient abolis en vue d’économiser 4 millions $ en 2013-2014. Les coupes annoncées s’ajoutent aux 164 postes qui ont déjà été éliminés chez Vitalité au cours des derniers mois.

Marcel Chamberland fait partie de la soixantaine de travailleurs de la santé qui ont dénoncé ces compressions devant les bureaux de la députée-ministre Madeleine Dubé, lundi matin. Dans les trois hôpitaux du Nord-Ouest, selon le syndicat, une vingtaine de postes à temps plein seront abolis, principalement d’infirmières auxiliaires et au sein du personnel de soutien.

«J’ai récemment appris que mon poste sera aboli. Après huit années de service, tu ne t’attends pas à ce genre de nouvelle», a dit M. Chamberland, domicilié à Edmundston.

Même si la direction de la régie affirme le contraire, les travailleurs de la santé disent que ces compressions vont affecter les soins directs aux bénéficiaires et aux patients. Selon eux, elles se font même déjà sentir.

«On fait marcher les bénéficiaires dans les corridors. Mais qui va le faire lorsque les infirmières seront trop occupées et surchargées? Ce sont les patients qui vont écoper. Nos pauses et heures de dîner, on les ampute souvent parce que justement on est en train d’aider un bénéficiaire», a dit M. Chamberland.

Après avoir vu le fabricant de meubles Shermag de sa localité fermer ses portes, il y a quelques années, Gino Dumont, de Saint-François, a entrepris une nouvelle carrière comme infirmier auxiliaire. Faisant partie d’une équipe flottante, il a un horaire de trois jours de travail garantis et, bien souvent, des semaines complètes. Il ne sait pas ce que l’avenir lui réserve.

«J’ai perdu un emploi parce qu’une usine a fermé. Je me suis recyclé dans un autre domaine. Le gouvernement a payé pour des programmes de formation. Je croyais m’être trouvé un travail assuré dans un secteur où on a besoin de main-d’oeuvre. Mais voilà que je risque de devoir repartir à zéro trois ans et demi plus tard», a raconté M. Dumont.

Diane Thériault, d’Edmundston, craint aussi de faire partie des gens qui perdront leur emploi. Préposée aux bénéficiaires, elle a trois jours de travail garantis, mais fait régulièrement des semaines complètes.

«Ma situation m’inquiète beaucoup, tout comme les soins directs aux patients. Les répercussions se font déjà sentir. Le temps que le personnel passe avec eux dans une journée a diminué. Les bénéficiaires marchent moins dans les corridors, par exemple. Nous offrons un service de qualité parce que nous sommes une communauté qui a des liens serrés et où les gens se connaissent. Mais je crains que cela change», a dit Diane Thériault.

Pour le syndicat, il ne fait pas de doute que ces compressions auront un impact à l’intérieur de l’établissement.

«C’est déjà plus lent pour le nettoyage et la préparation des chambres. Ça veut dire que si un patient doit être hospitalisé, ça prend donc plus de temps avant de l’amener à l’étage lorsqu’il est à l’urgence», a cité en exemple la présidente de la section locale 889-2 des employés de l’Hôpital régional d’Edmundston, Hélène Lehouillier. n

La cure d’amaigrissement amorcée dans le Nord-Ouest

La zone du Nord-Ouest du Réseau de santé Vitalité affirme qu’elle a amorcé la réduction des dépenses dans ses trois hôpitaux d’Edmundston, de Grand-Sault et de Saint-Quentin, sans pour autant que cela n’affecte les services.

Le chef des opérations de la zone Nord-Ouest du Réseau de santé Vitalité, Pierre Verret, a précisé qu’une révision des processus de fonctionnement est en cours afin d’instaurer des mesures d’amélioration de la performance avec l’objectif de maintenir la qualité des services.

Les secteurs les plus touchés par les changements sont ceux de l’administration, du soutien administratif, des infirmières auxiliaires autorisées et des préposés aux soins des patients, a-t-il précisé.

«Toute période de changement peut créer de l’incertitude. Nous ne remettons pas en cause le travail de nos employés. Les transformations visent une meilleure utilisation des ressources. Nous faisons notre possible pour minimiser les répercussions en misant sur l’attrition et les départs à la retraite. Notre objectif ultime est d’éviter les pertes d’emplois, dans la mesure du possible», a-t-il mentionné.

Selon lui, des mesures ont été instaurées afin de diminuer le taux de congés de maladie, qui est près de 20 % supérieur à la moyenne provinciale.

En atteignant la moyenne provinciale, la zone Nord-Ouest pourrait réaliser des économies annuelles de plus de 700 000 $, a-t-il ajouté.

Pour les dépenses autres que les salaires, comme les fournitures médicales et chirurgicales, l’équipement de bureau et les frais de déplacement, il a souligné que des économies de près de 900 000 $ ont été réalisées durant les six premiers mois de l’année financière actuelle.