Accusé du meurtre de sa mère: les avocats plaident l’aliénation mentale

NDLR – Veuillez noter que ce texte contient une description détaillée de faits qui pourraient choquer certains lecteurs.

BATHURST – Les avocats de la défense et du ministère public ont recommandé à la cour de Bathurst que Jécy Arseneault soit déclaré non criminellement responsable du meurtre de sa mère pour cause d’aliénation mentale.

C’est un homme de 29 ans hébété, visiblement abruti par les médicaments, qui est resté assis dans le box des accusés de la Cour du Banc de la Reine une bonne partie de la journée lundi, dans le cadre de son procès.

Jécy Arseneault est accusé de meurtre au second degré sur sa mère, Kathleen Arseneault, et d’outrage sur son cadavre, infractions pour lesquelles il a plaidé non coupable.

La Couronne n’a présenté aucun témoin. En fait, ce sont les aveux de l’homme de Saumarez, dans la Péninsule acadienne, peu de temps après le drame, qui ont été admis en preuve, ce que n’a pas contesté la défense.

Les deux parties sont arrivées à l’évidence que Jécy Arseneault souffrait de troubles mentaux sévères au moment du crime, problèmes qui n’avaient pas été diagnostiqués, encore moins soignés. Selon la Couronne et la défense, il ne peut donc être tenu criminellement responsable de ses actes.

Avant le crime, le jeune homme était sans emploi et vivait reclus dans la maison de sa mère. Il lisait assidument la Bible. Jécy Arseneault a tué sa mère durant une crise de délires religieux. Dans la nuit du 3 au 4 mars, il est rentré dans sa chambre avec un couteau alors qu’elle dormait.

Elle s’est réveillée subitement et son fils lui a assené 17 coups de couteau. Il a ensuite découpé son dos avec une scie circulaire pour enlever une de ses côtes et la donner à manger au chien.

Par la suite, il a aussi sacrifié l’animal et il les a tous les deux jetés dans la cave de la résidence. Aux prises avec des hallucinations, il croyait que sa mère était un dragon et le chien, un serpent.

«À un moment donné, je me suis vu un Jécy devant un autre J.C. (Jésus-Christ). Il y a le dragon et le serpent. Il fallait les éliminer. Le dragon est entré dans la personne que j’aimais le plus et le serpent dans l’animal que j’aimais le plus. Dieu peut siéger au paradis parce que le dragon est mort», avait-il expliqué à sa sœur quelques jours après le meurtre.

«J’ai seulement voulu obéir à ce que Dieu m’a demandé de faire. Moi, tuer quelqu’un, c’était pas dans mon idée. Je suis un gars qui a peur du sang. J’ai eu une force en dedans de moi. Ça prend de la foi pour faire ça à la personne que tu aimes le plus au monde», avait confié Jécy Arseneault aux policiers.

La défense a fait comparaître lundi le docteur Dominique Lamour à titre de témoin expert médico-légal. Le psychiatre a reconnu que Jécy Arseneault est atteint de schizophrénie, avis sur lequel la contre-expertise du ministère public s’est rangée.

«Jécy est un individu très psychotique. Il était déconnecté de la réalité. Il n’avait aucune conscience que ses actes étaient mauvais. Il pensait qu’il irait au paradis et sa mère. Dans ce dossier, il manque l’intention criminelle. C’était des commandes hallucinatoires qui lui disaient de faire ceci et cela», a résumé le médecin.

Jécy Arseneault est détenu à l’hôpital psychiatrique et il est en traitement depuis les faits. Le juge qui siège seul a pris la cause en délibéré et va rendre son verdict ce mardi, à 13 h 30.