Jean Chrétien fait l’éloge de Brian Gallant

MONCTON – À 11 mois des prochaines élections, le chef du Parti libéral du Nouveau-Brunswick, Brian Gallant, a reçu mardi soir un coup de main de l’ex-premier ministre du Canada, Jean Chrétien.

Le gratin du Parti libéral était réuni dans une salle de bal d’un hôtel du centre-ville de Moncton afin de participer à un événement intitulé «Souper du chef 2013». Des centaines de personnes avaient payé 500 $ pour assister à cette collecte de fonds au profit du Parti libéral du Nouveau-Brunswick.

Dans un discours ponctué de plusieurs blagues partisanes visant notamment le controversé sénateur Mike Duffy et le premier ministre actuel, Stephen Harper, Jean Chrétien a encensé le chef de l’opposition officielle à Fredericton, Brian Gallant.

Il a raconté leur première rencontre.

«Ce jeune homme est venu me voir. Et j’ai été très impressionné. Il était candide et intelligent. Il m’a demandé des conseils. Je me suis dit “ce gars va aller très loin.” Il a fait tous les bons coups jusqu’à maintenant. Et je vois que les Néo-Brunswickois sont aussi sur le point de faire un bon coup en l’élisant premier ministre», a-t-il dit avant d’être chaudement applaudi par la foule.

Jean Chrétien s’est aussi affairé à banaliser l’âge de Brian Gallant. Ce jeune âge l’a suivi pendant la course à la direction du Parti libéral du Nouveau-Brunswick, l’année dernière, alors qu’il était âgé de 30 ans et qu’il faisait face à un vieux routier libéral, Michael Murphy.

«Vous savez, il est déjà vieux. Il a 31 ans, j’ai été élu à 29 ans. Ne dites pas qu’il est trop jeune. Vous savez, il sera premier ministre à 32 ans. Je suis devenu ministre à 33 ans. Il a ce dont il a besoin.»

«J’ai passé 50 ans dans l’arène politique, j’ai été élu 12 fois et j’ai sillonné le pays à de nombreuses reprises. Lorsque je vois un homme de qualité, je sais le reconnaître», a affirmé Jean Chrétien sous une nouvelle vague d’applaudissements.

Pendant son allocution, Jean Chrétien a aussi fait un plaidoyer en faveur des valeurs libérales.

«Qu’est-ce qu’un libéral? Un libéral est quelqu’un qui est responsable fiscalement et socialement préoccupé. Il comprend l’économie et il sait qu’il ne coûte pas cher d’aider les gens en bas de l’échelle, puisque cela stimule les économies locales», a-t-il dit.

Il a reproché aux conservateurs de prendre le crédit pour le travail effectué par les gouvernements libéraux précédents et s’est dit peiné par la direction prise par Stephen Harper depuis son arrivée au pouvoir.

Une direction qui a fait mal à l’image du Canada sur la scène internationale, selon lui.

«Il y a deux ans, lorsqu’est venu le temps pour le Canada d’être choisi pour siéger au Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations Unies, nous avons perdu pour la première fois.»

Jean Chrétien a cependant affirmé qu’il n’a pas perdu l’espoir.

«Il faut rebâtir ce qui fait le Canada. Je suis un optimiste, je crois que ça reviendra. Mais il faut le faire à tous les niveaux. Je crois que ça reviendra lorsque Brian Gallant deviendra votre prochain premier ministre. Ce sera la même chose au niveau fédéral.»

GAZ DE SCHISTE: «SI LA RESSOURCE EST LÀ, ELLE DEVRAIT ÊTRE UTILISÉE DE FAÇON APPROPRIÉE»

MONCTON – L’ex-premier ministre du Canada, Jean Chrétien, s’est invité dans le débat sur le gaz de schiste au Nouveau-Brunswick, mardi soir, en affirmant que «si la ressource est là, elle devrait être utilisée de façon appropriée».

Après avoir livré un discours devant une salle pleine de militants libéraux, mardi soir à Moncton, Jean Chrétien est sorti quelques minutes afin de répondre aux questions des deux seuls journalistes présents à l’événement.

Lorsqu’on lui a demandé de commenter deux des sujets de l’heure au Nouveau-Brunswick, soit l’opposition au développement de l’industrie du gaz de schiste et les événements de Rexton, l’ex-premier ministre a dit que les manifestants doivent avoir le loisir de s’exprimer, mais qu’ils doivent le faire sans dépasser certaines bornes.

«Les gens ont le droit de manifester, cela fait partie de la démocratie. Mais ils doivent respecter les lois. Et je n’étais pas au courant, vous m’en informez. J’ai entendu qu’il s’était peut-être passé quelque chose avec la police. Vous savez, ce n’est pas normal. Personne ne peut cautionner cela», a-t-il dit.

Puis, alors que Brian Gallant se tenait debout à côté de lui, Jean Chrétien s’est prononcé sur l’objet de la grogne qui monte actuellement au Nouveau-Brunswick: l’extraction du gaz de schiste par la méthode de la fracturation hydraulique.

«Selon moi, ce n’est rien de si nouveau que cela. La fracturation (hydraulique) se passe aux États-Unis depuis des années. Le Texas est couvert de puits de forage.»

Il a ensuite pris une position résolument différente de celle du politicien à qui il était venu prêter main-forte à Moncton, Brian Gallant. Sans passer par quatre chemins, il s’est dit en faveur du développement de l’industrie.

«Mon opinion est que si la ressource est là, elle devrait être utilisée de façon appropriée. Et je pense que cela est possible aujourd’hui. Mais je ne suis pas un expert. Et si certaines personnes manifestent, ainsi soit-il.»

Ces propos détonent de ceux tenus par le chef libéral néo-brunswickois, qui profite de toutes les occasions qui s’offrent à lui depuis plusieurs mois pour réclamer l’imposition d’un moratoire sur l’exploration et l’exploitation du gaz de schiste dans la province.

Le Parti libéral du Nouveau-Brunswick a d’ailleurs réitéré cette position la semaine dernière, d’abord en interview avec l’Acadie Nouvelle et ensuite par voie de communiqué de presse. – PRN