Meurtre à Saumarez: l’accusé déclaré non criminellement responsable

BATHURST – Jécy Arseneault est reconnu non criminellement responsable du meurtre de sa mère. Il demeurera cependant détenu au Centre Hospitalier Restigouche, à Campbellton.

Le juge Réginald Léger, de la Cour du Banc de la Reine, a abondé dans le même sens que le procureur de la Couronne et l’avocat de la défense qui recommandaient que le jeune homme de 29 ans soit déclaré non responsable du crime de sa mère, en raison de son état mental au moment des faits. Après le drame, il avait été diagnostiqué comme souffrant de schizophrénie paranoïde avec des délires religieux. L’accusé n’a pas du tout réagi en entendant le verdict mardi.

Dans la nuit du 3 au 4 mars, Jécy Arseneault a poignardé sa mère à plusieurs reprises, la croyant possédée par un dragon, et il a commis un outrage sur son cadavre, dans la résidence de celle avec laquelle il habitait, à Saumarez, dans la Péninsule acadienne. Il a tué le chien familial également, pensant que c’était un serpent.

La victime, Kathleen Arseneault, était âgée de 59 ans et c’est son frère qui a fait la macabre découverte le 5 mars. La veille, le jeune homme avait été ramassé par la police alors qu’il déambulait à Brantville et avait été pris en charge en psychiatrie.

La Couronne n’a pas contesté, durant le procès, les troubles mentaux sévères dont est affligé M. Arseneault et qui ont fait l’objet de plusieurs rapports médicaux et contre-expertises.

Interné depuis les faits et en traitement, Jécy Arseneault réalise peu à peu l’acte irréparable qu’il a commis et il exprime des regrets, selon son avocat et son psychiatre. Le juge a ordonné que sa détention au Centre Hospitalier Restigouche se poursuive jusqu’à ce que la Commission d’examen du Nouveau-Brunswick en décide autrement. Son dossier sera révisé par cette commission dans 45 jours et ensuite chaque année.

Rien n’indique pour l’instant quand il sortira, ni même s’il sera libre un jour.

«Habituellement, lorsqu’il y a un décès, un meurtre, c’est très difficile (d’être libéré). C’est la Commission d’examen qui va l’entendre. La famille de la victime pourra donner des déclarations pour aviser de son opinion», a indiqué Me Sylvain Pelletier, l’avocat de la défense.

«Je crois que M. Arseneault a encore besoin de beaucoup de traitements, (il faut) s’assurer qu’il va continuer à prendre ses médicaments. Ça peut prendre plusieurs années avant qu’il puisse être libéré», a-t-il souligné.

Certains membres de la famille de la victime étaient révoltés, à l’issue du verdict, que la cour n’ait pas statué pour une incarcération à vie à l’hôpital.

«Les membres de la famille et les amis de Kathleen ont de la difficulté à comprendre. Ils se demandent pourquoi Jécy a fait cela. La seule réponse à donner est “lisez les rapports psychiatriques et voyez comment cette affaire a été commise”. Pensez-vous que Jécy aurait fait cela s’il avait eu toute sa tête?», a soulevé Me Pierre Gionet, qui agissait à titre de procureur de la Couronne dans cette affaire.

«Jécy l’a dit lors de l’entrevue avec la policière, que Kathleen était toute sa vie. C’était sa mère, la personne qu’il aimait le plus au monde. Selon lui, le dragon était dans la personne qu’il aimait le plus au monde et en commettant un acte aussi gros, il allait libérer la terre entière et tout le monde irait au paradis», a précisé Me Gionet.

Cette affaire n’est pas sans rappeler le cas de Gregory Allen Desprès qui avait tué un couple de gens âgés de Minto, en 2005. Souffrant lui aussi de schizophrénie paranoïde, il avait été déclaré non criminellement responsable de ses actes.