Enfants tués par un python: l’enquête s’étire

CAMPBELLTON – Trois mois jour pour jour après le décès tragique de deux enfants victimes d’un python, aucune accusation n’a été portée contre le propriétaire de l’animal, et la Loi sur les animaux exotiques n’a toujours pas été révisée.

Alors que s’ouvre la session parlementaire à Fredericton, le Parti libéral entend aborder la question de la révision de la Loi sur les animaux exotiques.

La session parlementaire s’ouvre trois mois après le drame qui a coûté la vie aux frères Connor et Noah Barthes, de Campbellton. Ceux-ci, rappelons-le, sont décédés à la suite d’une attaque par un python de Séba. Ce serpent africain, pourtant interdit au Nouveau-Brunswick, se trouvait alors dans l’appartement de Jean-Claude Savoie, propriétaire du commerce Reptile Ocean de Campbellton. Il avait réussi à s’évader de son vivarium par l’entremise d’une conduite de ventilation avant de s’en prendre aux jeunes enfants pendant leur sommeil. La nouvelle avait retenti à travers le Canada, et même dans le monde.

Cette tragédie en toile de fond, l’opposition libérale demande maintenant au ministre des Ressources naturelles d’entreprendre le plus rapidement possible une révision exhaustive de la loi au sujet des animaux exotiques.

«Il y a beaucoup de confusion et un manque de clarté évident dans la loi actuelle, et surtout en ce qui a trait à son application», soutient le député libéral de Dalhousie-Restigouche-Est, Donald Arseneault.

«Qui possède des animaux exotiques? Quel suivi le gouvernement fait-il par la suite? Combien d’animaux exotiques y a-t-il et où se trouvent-ils dans la province? Ce sont des questions préoccupantes», indique le député, croyant fermement que si les règles avaient été précises et bien appliquées, le drame survenu à Campbellton n’aurait fort probablement pas eu lieu.

«Beaucoup de gens savaient quelles sortes d’animaux se trouvaient dans ce commerce et tous pensaient que c’était correct, que le propriétaire possédait les permis nécessaires. Par contre, on voit aujourd’hui que ce n’est pas le cas. Le gouvernement se doit donc d’être plus strict et beaucoup plus vigilant», croit le député.

Ce dernier estime également que le rôle des municipalités doit également être clarifié.

«Il faut absolument que l’on s’assoie et que l’on révise la loi. Si des règles doivent être renforcées, alors qu’elles le soient. Il faut faire tout en notre pouvoir, en tant que législateurs, pour qu’un événement malheureux comme celui de Campbellton ne se produise plus jamais dans notre province», dit-il.

S’il dit être préoccupé par ce dossier, M. Arseneault ne veut pas pour autant le politiser.

«Je veux que l’on parle de ce dossier lors de la session, et on est prêts à travailler avec le gouvernement pour réviser cette loi», précise le député libéral.

«Je sais que le gouvernement a un agenda très chargé, qu’il a beaucoup d’urgences sur les bras. Mais la révision de la loi est devenue une priorité. Il y a six mois, on pensait que tout était correct avec la façon de procéder actuelle. Mais avec ce que l’on a appris avec le temps, on voit bien que ce n’est pas le cas. Il faut donc agir», indique M. Arsenault.

L’ENQUÊTE DE LA GRC N’EST PAS TERMINÉE

CAMPBELLTON – Trois mois après le décès tragique des frères Connors et Noah Barthes, aucune accusation n’a encore été déposée dans cette affaire ni par le ministère des Ressources naturelles, ni par la Gendarmerie royale du Canada. À la GRC, on se fait très avare de commentaires sur le sujet, soulignant tout au plus que l’enquête se poursuit. En entrevue récemment sur le sujet, la responsable des communications, Julie Rogers-Marsh, indiquait que l’enquête sur la mort des deux jeunes garçons était toujours considérée comme prioritaire par les l’équipe de l’Unité des crimes majeurs.

«Chaque enquête est différente, et celle-ci est complexe», a-t-elle simplement indiqué lorsque questionnée sur la lenteur apparente de l’évolution de ce dossier.

Un employé du ministère des Ressources naturelles a également indiqué que le dossier suivait son cours. Le temps commence par contre à presser puisque la loi prévoit un délai maximal de six mois après le constat d’une infraction pour porter des accusations. Au niveau de la GRC, la période pour déposer des accusations diffère selon qu’il s’agit d’un crime mineur ou majeur. – JFB