Bas-Caraquet: un premier bateau est en chantier (Avec vidéo)

BAS-CARAQUET – Le Centre naval du Nouveau-Brunswick (CNNB) a repris une vie productive à Bas-Caraquet depuis le mois dernier avec le lancement de la construction d’un premier bateau de pêche.

Le chantier numéro 1 rénové cet été pour 500 000 $ n’est plus une coquille vide. Depuis trois semaines, il abrite la construction d’un premier bateau de pêche, un homardier de 45 pieds de long.

C’est le premier qui sera entièrement construit à Bas-Caraquet depuis plus d’une quinzaine d’années.

C’est aussi et surtout la concrétisation de la volonté de relance de l’industrie navale dans la Péninsule acadienne qui s’opère là avec le chantier mené par la société Construction navale Atlantique.

Sur place, un peu moins d’une dizaine d’ouvriers s’affairent à assembler le moule en bois qui servira à la construction du navire en matériaux composites.

Les deux demi-coques sont pour l’instant assemblées entre elles et donnent une première idée de la forme du bateau. Il doit être achevé ce printemps.

«On doit le livrer pour la prochaine saison de homard», explique Claude Robitaille, le chargé de projet de Construction navale Atlantique.

La configuration du bateau permettra d’embarquer jusqu’à 300 trappes en même temps. La carène en forme de rostre lui assurera stabilité et vitesse dans les vagues.

Le recrutement de la main-d’oeuvre pour ce chantier n’a pas été trop problématique.

«On a eu la main heureuse. On a trouvé du personnel avec de l’expérience en construction navale», se réjouit Claude Robitaille.

Si ce premier bateau n’est encore qu’à l’état d’ébauche, la société qui le construit assure avoir d’autres clients potentiels qui se sont montrés intéressés. Pour remplir son carnet de commandes dans les années à venir, elle fonde beaucoup d’espoir dans le renouvellement de la flotte de crabiers.

D’ailleurs, une mission en Bretagne (France) devrait être organisée d’ici la fin du mois. L’objectif est de permettre à un petit groupe de pêcheurs de crabe de se rendre compte des possibilités offertes par les bateaux dessinés par l’architecte naval Didier Marchand, avec qui Construction navale Atlantique s’est associée.

«On a aussi identifié un besoin sur les petits bateaux côtiers qui opèrent dans des ports de pêche où il n’y a pas beaucoup d’eau. Un bateau de pêche vraiment adapté à la pêche au homard comme elle se fait aujourd’hui qui permet de se rendre vite sur les lieux de pêche et de rentrer rapidement», poursuit le chargé de projet.

Pour que ces perspectives se concrétisent, il faut encore que les pêcheurs de homard ou de crabe aient le goût d’investir dans un bateau neuf. Un investissement conséquent qui peut paraître risqué quand les garanties sur l’avenir de la pêche ne sont pas toujours très claires.

Mais, cet avenir s’annonce un peu mieux depuis l’annonce de l’accord de libre-échange signé entre le Canada et l’Union européenne. Cet accord économique supprimera d’ici 2015 les droits de douane qui frappent les produits de la mer canadiens et qui s’élèvent jusqu’à 20 %.

«Cela pourrait avoir un effet d’entraînement. C’est comme partout, si on veut travailler, il faut des outils adaptés, sécuritaires et économiques», pense Claude Robitaille.

S’il laisse espérer aux pêcheurs de nouveaux débouchés sur le marché européen, l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada pourrait également contribuer aussi indirectement à la relance de la construction navale dans la Péninsule acadienne.