Homard: des experts recommandent un prix minimum

Les experts John Hanlon, Gilles Thériault et Lewie Creed . - Acadie Nouvelle: Pascal Raiche-Nogue
Les experts John Hanlon, Gilles Thériault et Lewie Creed . – Acadie Nouvelle: Pascal Raiche-Nogue

AMHERST, Nouvelle-Écosse – Le groupe d’experts sur la pêche au homard recommande qu’un prix minimum soit établi avant le début de chaque saison. Il propose aussi l’imposition d’une taxe sur les débarquements afin de financer la relance de l’industrie.

Le groupe d’experts sur l’industrie du homard des Maritimes a dévoilé son rapport, jeudi, à Amherst en Nouvelle-Écosse, lors d’une conférence de presse.

Ce rapport contient 33 recommandations. Trois initiatives majeures sont proposées; la mise en oeuvre d’un mécanisme d’établissement de prix présaison, la création d’un institut indépendant sur le marché du homard et une campagne de marketing afin de faire la promotion du homard canadien (par l’entremise du Conseil canadien du homard, qui est déjà actif sur ce front).

Pour financer ces initiatives, le groupe recommande l’imposition d’une taxe. Cette taxe serait payée par les pêcheurs (0,01 $ par livre déchargée) et les autres intervenants de l’industrie, soit les transformateurs et les commerçants du homard vivant (0,01 $ par livre déchargée). Ce «prélèvement» de 0,02 $ par livre, comme le qualifie le groupe d’experts, permettrait selon lui de collecter 2,5 millions $ par année.

Le groupe ne fait que donner les grandes lignes du mécanisme d’établissement des prix. Pour que soit déclenché ce mécanisme optionnel dans une zone de pêche, les pêcheurs de cette zone devraient en faire la demande. Ils pourraient ensuite négocier des prix plancher avec les acheteurs avant de partir en mer. Ces prix deviendraient obligatoires dès le début de la saison.

Le groupe d’experts reconnaît ne pas avoir eu le temps d’élaborer un concept plus précis. C’est pourquoi il recommande aux gouvernements d’embaucher un expert et de lui donner le mandat d’étudier cette question et de présenter des recommandations.

D’autres mesures sont proposées afin d’optimiser la valeur du homard, telles que des réductions temporaires importantes du nombre de casiers lorsque la pêche est ouverte pour contrôler les débarquements et des jours sans pêche pour permettre l’écoulement des stocks.

Les difficultés de l’industrie du homard ne datent pas d’hier et de nombreuses personnes ont tenté de trouver des solutions. Selon Gilles Thériault, un expert-conseil représentant du Nouveau-Brunswick au sein du groupe, le rapport dévoilé jeudi est différent des travaux précédemment réalisés parce qu’il va plus loin.

«Les autres rapports que nous avons étudiés comprennent des recommandations, mais ne mettent jamais de l’avant des mesures de mise en oeuvre. Nous recommandons un programme avec des échéanciers précis pour que nos recommandations soient adoptées dans les prochains mois. Nous définissons aussi le rôle que doivent jouer l’industrie et divers ministères et nous proposons des étapes qui devraient permettre l’adoption des recommandations à temps pour la saison 2015.»

En plus de Gilles Thériault, le groupe était formé de John Hanlon (fonctionnaire retraité de Pêches et Océans Canada, de la N.-É.) et de Lewie Creed (sous-ministre à la retraite du ministère des Pêches et de l’Aquaculture, de l’Î.P.-É.).

Les gouvernements des Provinces maritimes les ont nommés, en mai dernier, afin qu’ils étudient la question des prix du homard. Ils ont entamé leurs travaux au début de juillet. Au cours des dernières années, les faibles prix ont entraîné de vives tensions et des crises. En 2012, des pêcheurs exaspérés par les bas prix et par l’arrivée de stocks du Maine ont même bloqué l’accès à des usines de transformation au Nouveau-Brunswick.

L’intégral du document peut être consulté à l’adresse suivante: http://www.gnb.ca/9999/publications/ExpertsPrixHomardMaritimes.pdf

TENSIONS ENTRE LE N.-B. ET L’Î.-P.-É: LA MÉDIATION SERA RECOMMANDÉE

AMHERST, Nouvelle-Écosse – Le groupe d’experts sur la pêche au homard estime qu’un médiateur indépendant doit être nommé pour régler la bisbille sur la taille minimale des prises dans la zone 25.

Dans le rapport qu’il a dévoilé jeudi à Amherst, le groupe fait 33 recommandations pour relancer l’industrie du homard dans les Provinces maritimes.

Un enjeu y brille cependant par son absence; les tensions entre les homardiers du Nouveau-Brunswick et de l’Île-du-Prince-Édouard au sujet de la taille minimale des prises dans la zone 25, soit dans le détroit de Northumberland qui divise les deux provinces.

En feuilletant les 110 pages que compte le document, on remarque que ce conflit ne fait pas l’objet d’une recommandation. Rappelons que les pêcheurs néo-brunswickois souhaitent que la taille minimale soit augmentée, une position à laquelle s’opposent leurs collègues insulaires. Le conflit entre les deux flottilles perdure.

L’Acadie Nouvelle a donc demandé à Gilles Thériault, le représentant du Nouveau-Brunswick au sein du groupe d’experts, pourquoi cette question n’a pas été abordée dans le rapport.

«Le groupe s’est penché sur cette question et on a convenu qu’on allait envoyer une lettre aux trois ministres de la part du groupe avec une recommandation sur la façon d’aborder le problème de la zone 25. Même si ce n’est pas dans le rapport, on est conscients de la divergence qui existe», a-t-il répondu, le sourire aux lèvres.

Pressé afin de savoir quelle sera cette recommandation, il a craché le morceau. «Cette approche-là, c’est de nommer une personne indépendante qui va essayer de rapprocher les deux parties.»

Selon Gilles Thériault, un expert-conseil en matière de pêche, la situation actuelle est carrément malsaine.

«Nous pensons que c’est une situation qui est très malsaine qui existe actuellement. Il faudrait qu’il (un éventuel médiateur) essaie de rapprocher les deux parties pour voir s’il est possible de trouver des compromis. Sinon, qu’il fasse une analyse indépendante de la situation et qu’il fasse une recommandation à la ministre fédérale des Pêches, Mme Gail Shea.» – PRN