Anglais à l’école: tolérance zéro à l’ÉSN

BATHURST – Si certaines écoles francophones tolèrent un léger pourcentage d’anglais durant des activités, d’autres proscrivent la langue de Shakespeare dans leur établissement.

Des élèves de l’École secondaire Népisiguit (ÉSN) ont entonné (en lip-sync) une chanson anglaise devant public, dans le cadre d’une activité pour célébrer l’Halloween.

Ils auraient écopé de retenues à la suite de cet événement. Si certaines personnes criaient à l’injustice sur les médias sociaux en réaction aux mesures disciplinaires, la directive de l’ÉSN est claire. L’anglais n’est pas toléré dans cet établissement, autre que durant l’enseignement de cette matière dans la salle de classe.

Sans commenter en particulier le cas spécifique qui a fait jaser, puisque cela relève de décisions à l’interne, le District scolaire francophone Nord-Est explique qu’il a une politique sur l’usage de la langue française et que les écoles ont une certaine latitude pour la solidifier selon leur bon vouloir.

«Dans notre directive, qui n’est pas seulement destinée au personnel à l’interne, mais aussi aux élèves, parents, au conseil d’éducation, à la communauté en général, tout ce monde se partage la responsabilité de sauvegarder et de renforcer l’usage de notre langue. Au district scolaire et dans nos écoles, nous préconisons la préservation et la promotion de notre culture francophone et acadienne», a expliqué Annie LeBlanc-Levesque, la porte-parole du District scolaire francophone Nord-Est.

«Dans certaines de nos écoles, comme à l’École secondaire Népisiguit puisque c’est le cas qui vous intéresse, depuis l’an dernier, la consigne veut que toute activité se passe dans la langue française. Par contre, d’autres écoles permettent un léger pourcentage de chansons anglophones, par exemple à la radio étudiante ou pendant les spectacles amateurs de fin d’année. C’est la direction d’école qui décide avec son personnel ou le comité organisateur d’une activité», a-t-elle ajouté.

Les élèves doivent faire approuver leur activité auprès de la direction et s’exposent donc à des réprimandes s’ils font fi de la prohibition de l’établissement vis-à-vis de l’anglais.

«Si l’école exige 100 % de français dans telle activité, l’élève est mis au courant de la situation. Par exemple, si une demande est faite pour chanter en anglais pendant un spectacle de fin d’année et que l’école refuse, les raisons sont bien sûr comprises par le district scolaire parce que nous sommes conscients que l’école a pris cette décision pour renforcer la vitalité linguistique culturelle francophone et acadienne. Si l’élève choisit tout de même de chanter en anglais malgré la recommandation de la direction de son école ou des organisateurs de l’activité, il doit répondre au fait qu’il a défié l’autorité», a précisé Mme LeBlanc-Levesque.

La politique 108 du District scolaire francophone du Nord-Ouest stipule également que «la promotion de la langue et de la culture française ne doit pas se limiter aux programmes d’études, mais doit transparaître dans tous les secteurs de la vie scolaire»

«Au sein de notre district, nous avons une politique qui encourage le fait français, mais il n’y a pas de mesures restrictives ni de mesures disciplinaires pour l’anglais. Par contre, peut-être que chaque école a sa politique, mais il faudrait que j’appelle nos 19 écoles. Elles peuvent prendre leurs propres mesures parce qu’elles ont une certaine autonomie. Elles ne sont pas tenues de nous mettre au courant de cela», a souligné Julie Poulin, la porte-parole au District scolaire francophone du Nord-Ouest.

L’ÉSN, seul établissement du secondaire dans la région Chaleur pour les francophones, accueille 975 élèves.