Le père Dionne porté à son dernier repos

TRACADIE-SHEILA – Le père Stanislas A. Dionne, qui est décédé plus tôt cette semaine à l’âge de 92 ans, a été porté à son dernier repos, mercredi après-midi.

Près de 400 personnes ont assisté à la touchante cérémonie qui s’est déroulée en l’église Notre-Dame-de-La-Salette, à Tracadie-Sheila, dont certains membres de sa famille qui sont venus des États-Unis.

Les personnes présentes se sont souvenues du défunt comme un grand bâtisseur, un rassembleur qui a laissé sa marque et qui était à l’aise parmi le peuple.

Nommé évêque du diocèse de Bathurst plus tôt cette année, Mgr Daniel Jodoin n’a pas eu l’occasion de souvent côtoyer le père Dionne depuis son entrée en poste. Il a toutefois été marqué par ses rencontres avec l’homme.

«Il m’a répété plusieurs fois qu’il était le prêtre avec le plus d’ancienneté dans le diocèse. C’était sa fierté. Dans un article que j’ai lu (dans l’Acadie Nouvelle), quelqu’un l’avait décrit comme quelqu’un de vaillant, d’audacieux, de fonceur et de quelqu’un d’original. C’était un monument. J’ai vu qu’il était très original, surtout quand on dit qu’il s’occupait de la boxe et de la lutte. Il était aussi très original quand il a fait transformer une Volkswagen en Batmobile. Il fallait le faire. Il était un visionnaire et il a exploité les talents que le Seigneur lui a donnés», a dit Mgr Daniel Jodoin.

Le témoignage le plus émouvant des funérailles a été livré par le père Serge Comeau, un grand ami du père Dionne.

«Le père Dionne fait partie de ma vie depuis toujours. Je ne me souviens pas de mon baptême, mais lui s’en souvenait.»

«Il est entré dans la vie de ma famille et il m’a donné le privilège d’entrer dans la sienne. À quelques reprises pour des événements familiaux, nous devions traverser les frontières pour aller au Maine (d’où est originaire le père Dionne). Le père Robert McGraw se souvient sûrement de l’air surpris du douanier quand il nous a demandé nos passeports et le père Dionne a répondu: “Mais nous sommes trois prêtres”.»

Le décès de ce bâtisseur ne peut laisser indifférent. Comme le célèbre livre de contes arabes, Les 1001 nuits, l’histoire du géant Dionne est composé de 1001 anecdotes.

«Si on prenait le temps de laisser chacun raconter un épisode de la vie du géant, on n’en aurait pas assez d’une journée. Si chacun racontait un chapitre, on rirait et on serait ému», a témoigné le père Comeau.

Gaston Doiron, de Rivière-du-Portage, garde également un bon souvenir du défunt.

«Je l’ai connu pendant presque toute ma vie. C’est un homme qui te reconnaissait toujours. Il t’approchait et il demandait comment ça va. Il avait le souci du détail. C’était un gars que tu voulais avoir comme ami pendant toute ta vie. On a fait des collectes de fonds avec lui. On a vendu des billets pour lui. C’était un homme extraordinaire.»

Le chanteur de Tracadie-Sheila, Rodney Paulin, se souvient d’un prêtre extraordinaire.

«Quand on parle de foi jusqu’à transporter des montagnes, le père Dionne l’avait. Il était une sorte de curé rebelle. Quand il avait quelque chose en tête, il était décidé. Il était décidé à tout pour réaliser ses rêves. Il a laissé sa marque.»