Hôpitaux du N.-B.: des patients se plaignent du manque de propreté

MONCTON – Les patients des unités de soins aigus des hôpitaux du Nouveau-Brunswick sont généralement satisfaits des services reçus, mais se plaignent du manque de propreté de leur chambre.

Le Conseil de la santé du Nouveau-Brunswick (CSNB), dans ses résultats du sondage 2013 sur les soins aigus, révèle que trois patients sur quatre ont attribué globablement une note positive aux établissements de la province. Un résultat similaire a été obtenu lors d’un sondage effectué en 2010.

Il reste néanmoins plusieurs points à améliorer, selon le directeur général du CSNB, Stéphane Robichaud.

«Environ les trois quarts des répondants disent être très satisfaits de leurs services. Par contre, même si les gens affirment que le personnel est très gentil, ils disent qu’il peut y avoir des améliorations au niveau de l’écoute des patients et des communications, par exemple, lors de la transition de l’hôpital à la maison.»

«Quand on a une population avec un assez haut niveau de maladies chroniques, ça nécessite beaucoup d’information et de communication pour bien comprendre ces maladies. Quand on voit que ce sont des points qui sont plus faibles dans nos résultats, surtout dans le contexte néo-brunswickois, ce sont des points auxquels il faut vraiment s’attarder», a-t-il souligné.

Outre la communication, un autre point faible ressort de l’enquête du CSNB. La propreté des chambres d’hôpital en a pris un coup entre 2010 et 2013.

«C’est vrai que c’est préoccupant», a indiqué M. Robichaud.

Les 10 000 patients sondés au cours de l’exercice ont mis en lumière des lacunes au chapitre de la propreté des hôpitaux. En 2013, seulement 53,2 % des patients de la province ont rapporté que leur chambre et leurs toilettes étaient toujours propres, ce qui représente un résultat inférieur à ce que les patients avaient rapporté en 2010 (59,6 %).

Est-ce le résultat des compressions en santé faites par le gouvernement de David Alward? Stéphane Robichaud ne le croit pas.

«Dans notre évaluation des résultats et dans nos discussions avec les deux réseaux, il n’y a absolument rien qui porterait à croire ça. Si on veut des résultats différents, il faut s’organiser différemment», a affirmé le directeur général du Conseil de la santé du N.-B. à l’Acadie Nouvelle.

La présidente du Conseil des syndicats hospitaliers du Nouveau-Brunswick, Norma Robinson, ne partage pas son avis. Elle avance que 700 postes ont été supprimés depuis l’année dernière dans les secteurs que représente son syndicat, dont celui des employés de l’entretien.

Le syndicat a dénoncé publiquement ces compressions.

«Ils ont diminué le nombre de fournisseurs de services depuis les deux dernières années. Le gouvernement a mis à la porte un nombre important de gens qui fournissaient ces services et cela transparaît dans les résultats. Il n’y a plus assez d’employés pour effectuer les tâches adéquatement et s’assurer que le nettoyage soit bien fait», a laissé tomber Mme Robinson tout en s’interrogeant sur la prévention des infections dans les hôpitaux.

«Quand il y a autant de gens qui sont sortis du système, celui-ci en subira les effets. Je sens que le système d’aujourd’hui n’est pas le même qu’auparavant et ça ne fera qu’empirer s’ils poursuivent les réductions d’effectifs. Je sens que le système de santé du Nouveau-Brunswick est sur une bien mauvaise route», a-t-elle renchéri.

L’étude a ciblé les patients qui ont reçu leur congé, entre les mois de mars et mai 2013, d’un des 20 hôpitaux du Nouveau-Brunswick qui offrent des soins aigus. Le taux de participations a été de 45,5 %.

Pour les résultats complets du sondage, suivez ce lien.

PAS ASSEZ DE VADROUILLES

Des employés des hôpitaux de la Péninsule acadienne dénoncent un manquement à l’approvisionnement des fournitures de nettoyage. Le conseiller syndical Guy Ward représente les employés du SCFP 871, membre du Conseil des syndicats hospitaliers du Nouveau-Brunswick. Selon les employés assignés à l’entretien et au nettoyage des hôpitaux, ils ont de la difficulté à obtenir ce dont ils ont besoin pour bien accomplir leurs tâches.

«Depuis que la literie a été transférée à FacilicorpNB pour être lavée à Campbellton, c’est l’enfer dans les hôpitaux de la Péninsule acadienne pour avoir les fournitures nécessaires. J’ai même un de mes membres qui a été obligé de travailler en pantalon de pyjama parce qu’il n’y avait plus d’uniformes», a avancé M. Ward.

FacilicorpNB n’a pas seulement le mandat de laver draps et uniformes. L’agence gouvernementale doit également nettoyer vadrouilles et chiffons. Ils se rendent bien à Campbellton pour y être lavés, ils mais ne semblent pas revenir.

«On m’a rapporté aussi qu’il n’y a pas assez de vadrouilles. Ils sont maintenant rendus à prioriser l’urgence et l’entrée principale parce que le reste ne paraît pas, donc ils peuvent le négliger. J’ai des employés dans les hôpitaux qui cachent des sacs de chiffons pour s’assurer d’en avoir. Quand tu ne peux même plus avoir ton sac de chiffons, c’est banal, mais tellement alarmant en même temps», a précisé M. Ward.

Dans un effort de centralisation et d’économies, le gouvernement provincial a décidé de mettre la hache dans les services de buanderie. Ceux de l’Hôpital de Moncton et de Tracadie-Sheila ont fermé leurs portes le 1er novembre.

Les services de buanderie des hôpitaux du Nouveau-Brunswick seront graduellement centralisés à Saint-Jean et Campbellton dans les installations de FacilicorpNB. Le gouvernement croit pouvoir épargner 2,4 millions $ annuellement. M. Ward croit que Campbellton n’arrive pas à fournir depuis que la literie de Tracadie-Sheila y est envoyée.

LE RÉSEAU VITALITÉ SATISFAIT DES RÉSULTATS

Le Réseau de santé Vitalité se dit satisfait de ses résultats au deuxième sondage du Conseil de la santé sur les soins aigus. La performance du réseau Vitalité semble s’être améliorée depuis 2010, année de la première étude.

«De manière générale, les résultats pour le Réseau de santé Vitalité sont plus élevés que ceux de 2010. Nous avons des résultats supérieurs à la moyenne provinciale dans 12 des 15 indicateurs. De plus, le Réseau de santé Vitalité note des améliorations dans 13 des 15 indicateurs par rapport au sondage émis en 2010», a souligné le porte-parole du réseau Vitalité, Luc Foulem. En ce qui a trait aux remarques sur la propreté des chambres d’hôpital, le réseau ne semble pas trop s’en faire.

«Si nous prenons en compte que les statistiques mensuelles des infections contractées dans un établissement de santé sont bien à l’intérieur de standards acceptables, nous sommes confiants dans nos efforts à maintenir un niveau de propreté qui est à la hauteur dans nos établissements», a remarqué M. Foulem par courriel.

Le porte-parole soutient qu’il voit d’un bon œil les résultats du sondage et compte mettre ses efforts dans une stratégie d’amélioration continue des services.