La passion de «Jojo» n’est pas prête de s’éteindre – AVEC VIDÉO

SAINT-ISIDORE – Des dizaines de milliers de lumières, des dizaines de personnages, des guirlandes à profusion, le jardin de «Jojo» Haché à Saint-Isidore attire les regards et a tout d’un paradis d’enfant pendant le temps des Fêtes.

Sa maison n’est peut-être pas visible depuis l’espace, mais elle est au moins connue dans toute la Péninsule acadienne pour être l’une des plus «éclairées» durant le temps des Fêtes. Pour Jocelyne (Jojo) Haché, la décoration et les lumières de Noël sont beaucoup plus qu’un simple passe-temps. C’est une affaire très sérieuse qui réclame une organisation rigoureuse.

Pour offrir un spectacle à chaque hiver renouvelé depuis 17 ans, cette citoyenne de Saint-Isidore ne lésine pas sur les moyens et ne compte pas son temps. Elle a d’ailleurs bien du mal à évaluer le nombre d’heures nécessaires pour installer ses décorations et évalue approximativement que cela lui prend un bon mois de travail en plusieurs périodes.

«Tous mes arbres sont faits à la fin juin, la première semaine d’octobre je commence à placer les guirlandes sur la maison, à la mi-octobre les bonshommes sont sur le terrain et le 1er novembre le reste. Je suis bien organisée, je n’ai pas le choix», détaille Mme Haché.

De l’organisation, il en faut pour installer plusieurs dizaines de personnages confectionnés par son amie Thérèse et les dizaines de milliers d’ampoules qui illuminent ses arbres, sa clôture, ses décors et tout son jardin.

«Il peut y en avoir 80 000 ou 100 000, je ne sais pas trop, mais c’est sûr, il y a de la lumière», reconnaît la commerçante qui gère le Dépanneur Gabriel Haché.

Ce travail n’a pour elle rien d’une corvée, bien au contraire, même si le nombre de lumières à placer dépasse l’entendement. «J’ai le même plaisir à les installer qu’à les ramasser», assure-t-elle en précisant que le spectacle s’arrête le lendemain du jour de l’An. Un spectacle qui a tout de même nécessité l’installation d’une centaine de prises électriques sur le terrain et la pose d’un compteur spécialement dédié à des décorations relativement énergivores. Sur cette question, elle préfère ne pas trop s’attarder. «C’est sûr que ce n’est pas donné», reconnaît-elle seulement.

C’est le prix à payer pour offrir un spectacle qu’elle met en scène pour son propre plaisir, mais aussi pour celui de toutes les personnes qui font un détour pour admirer son jardin brillant de mille feux. Et elles sont nombreuses. À tel point qu’un stationnement a été aménagé en bordure du terrain.

«Il y a des gens qui viennent de partout, certains reviennent tous les ans et repèrent les nouveautés. L’autre jour, j’ai même eu un bus qui s’est arrêté et les gens sont descendus pour voir», témoigne Jojo Haché qui n’est pas gênée par cet engouement.

«Le soir, il y a tout le temps quelqu’un qui arrête et qui vient en avant ou alors qui passe pour filmer. Si je ne voulais pas que le monde vienne, je ne ferais pas ça.»

Cette passion pour les lumières de Noël ne date pas d’hier et ne semble pas devoir s’étendre de sitôt. «Je n’en ai jamais assez», concède volontiers la dame qui ne se contente pas de décorer son jardin et l’extérieur de sa maison. À l’intérieur aussi l’esprit de Noël illumine toutes les pièces où on dénombre pas moins de sept sapins de Noël. Elle est la preuve vivante que quand on aime, on ne compte pas.