Droits de scolarité: manifestation à l’Université de Moncton

MONCTON – Les étudiants de l’Université de Moncton sont en colère. En septembre, les droits de scolarité de l’institution acadienne augmenteront de 999 $ pour les étudiants internationaux et de 149 $ pour les Canadiens.

Le Conseil des gouverneurs de l’Université a adopté ces augmentations, samedi matin, dans le budget 2013-2014 de l’établissement d’éducation qui essuiera tout de même un déficit projeté de 242 000 $.

Au départ, les majorations devaient atteindre 1000 $ et 150 $, mais en guise d’appui symbolique aux étudiants, l’Université de Moncton a diminué les augmentations de 1 $.

Pour démontrer leur indignation, environ une centaine d’étudiants a envahi les bureaux de la direction de l’Université au deuxième étage du pavillon Léopold-Taillon pour ensuite interrompre la réunion du Conseil des gouverneurs.

Une cinquantaine de Canadiens et d’étudiants internationaux ont eu la chance de se vider le cœur devant les gouverneurs et d’échanger avec eux alors que des gardes de sécurité empêchaient les autres manifestants d’entrer.

«Une augmentation de 1000 $ chez nous, ça équivaut à environ deux mois de salaire pour certains étudiants internationaux. Alors, payer une session ça revient à plus d’une année de salaire pour nous. Moi je suis orphelin et je fais partie d’une famille de six enfants. Nous sommes tous à l’Université de Moncton. Quand vous décidez d’augmenter les droits, la situation des étudiants internationaux change et on se trouve plus en plus en difficulté financière», a décrié Yanick Nganhou du Cameroun.

Après un échange avec le recteur de l’Université, Raymond Théberge, et d’autres membres du Conseil, les étudiants ont continué à occuper le deuxième étage pour un certain moment exprimant leur colère.

M. Théberge s’est ensuite déplacé au bar étudiant le Coude où il a offert un plus d’explication aux étudiants par rapport au budget.

Un peu plus tôt, lors d’un entretien avec l’Acadie Nouvelle, le recteur a jeté le blâme de la hausse des droits de scolarité sur le gouvernement provincial.

«La subvention de la province à l’université a été gelée. Ce gel représente un perte d’environ 3,9 % du revenu qui se traduit par un manque à gagner de 4,4 millions $ pour la prochaine année financière. Alors, simplement, un gel, ce n’est pas un gel, c’est une coupure», a déclaré le recteur.

M. Théberge persiste et signe, il n’y a pas une roche qui n’a pas été tournée au niveau de l’administration pour trouver des économies et afin d’apaiser l’impact d’une hausse des droits de scolarité.

«On a fait un effort extraordinaire pour justement trouver des économies au niveau de l’administration afin de limiter les besoins d’une augmentation des droits de scolarité. L’Université de Moncton a par ailleurs des frais administratifs 25 % plus bas que la moyenne nationale», a insisté M. Théberge.

En fait, cette année, l’institution affirme avoir trouvé des économies totalisant au-delà de 600 000 $.

Malgré les efforts de l’institution, les étudiants digèrent très mal cette nouvelle augmentation.

«On milite toujours pour une baisse des droits de scolarité. On trouve qu’on fait notre juste part déjà. C’est sûr que l’on comprend la difficulté d’équilibrer un budget. Il faut aussi noter qu’on est très conscient que c’est la faute gouvernement provincial si on se retrouve dans cette situation puisqu’il n’a pas majoré le financement de l’Université», a indiqué Kevin Arseneau, président de la Fédération des étudiants et étudiantes du Centre universitaire de Moncton.

L’Université de Moncton ne reçoit aucune subvention gouvernementale pour les étudiantes et étudiants internationaux au 1er cycle. La fédération étudiante et le rectorat de l’institution ont demandé une rencontre d’urgence avec le ministère de l’Éducation du Nouveau-Brunswick.