Les 10 coups de coeur de… Pascal Raiche-Nogue

Canailles au Plan B, le 8 juillet

La scène du Plan B, un petit bar du centre-ville de Moncton, était à peine assez grande pour les huit membres de Canailles. Fidèle à ses habitudes, le groupe montréalais a défoncé la baraque avec un spectacle électrifiant. Il faisait chaud à mourir, les gens dansaient comme des fous et le folk aux accents cajuns était à point pour ce lundi soir de juillet. Le chanteur nous a promis une surprise. Il a livré la marchandise en se déshabillant avant le rappel, dévoilant le mankini (un bikini à bretelles popularisé par le personnage de cinéma Borat) qu’il portait depuis le début du spectacle.

Le retour de Zéro Degré Celsius, le 15 août

Il y avait des lustres que Zéro n’avait pas donné de spectacle. Le 15 août, sur la berge de la rivière Petitcodiac à Moncton, cette légendaire formation a repris vie. Un moment qui a fait plaisir aux mélomanes qui ont suivi leur carrière depuis le début et à ceux qui, comme moi, les ont découverts sur le tard avec leur dernier album. Même si ce n’était pas parfait, il aurait vraiment fallu que ce soit désastreux pour que le retour de Zéro ne soit pas mémorable.

Pierre Guitard au Coude, le 6 février

En début d’année, une amie m’a recommandé la musique d’un jeune musicien nommé Pierre Guitard. Je suis allé fouiller un peu sur le web pour en savoir plus long. Pas de site, pas d’album, que quelques chansons publiées ici et là. Des trucs intéressants. Quelques jours plus tard, je suis allé le voir au Coude, à l’Université de Moncton. Dès la première chanson, je me suis dit que ce petit bout d’homme avait plusieurs cordes à son arc; une voix claire, juste et très semblable à celle de Dallas Green (alias City and Colour) et des textes très potables. Le lendemain, j’ai cassé les oreilles de mes collègues en leur parlant de cet artiste sorti de nulle part. Une perle, vraiment.

Spectacle bénéfice pour Julie à l’Igloo, le 18 mai

L’objectif de la soirée était de collecter des fonds pour Julie, une jeune femme atteinte de la leucémie et l’amie d’à peu près tout le monde dans la communauté artistique acadienne de Moncton. Des centaines de personnes se sont rassemblées au bar l’Igloo pour lui donner un coup de pouce financier et voir une belle brochette d’artistes dont les Hay Babies et les Hotesses d’Hilaire. Ce n’est cependant pas la qualité du spectacle qui vaut à cet événement une place dans mes coups de coeur de l’année, mais plutôt sa dimension purement altruiste. Un moment de générosité qui a fait chaud au coeur.

1755 à Val-Comeau, 29 juin

Les chansons sont les mêmes depuis des décennies, le solo de batterie de La maudite guerre n’a pas pris une ride et Roland Gauvin termine toujours la soirée en disant, «soyez fiers de qui vous êtes et prenez garde à vous autres!» C’est aussi ça qui fait de 1755 une valeur sûre et un incontournable de mes étés; ça ne change pas. Comme le vieux t-shirt que je traîne avec moi depuis que je suis ado, j’aime bien retrouver ce groupe de temps en temps. Le 29 juin, j’étais de passage dans la Péninsule acadienne, j’en ai profité pour aller voir 1755 à Val-Comeau. Il faisait chaud, le sol était vaseux, mais il faisait bon hurler toutes les paroles des chansons en buvant de la bière en canette.

Paul Bossé à la Soirée de poésie Gérald LeBlanc, le 16 août

Quand Paul Bossé se trouve devant un micro, qu’il est ébloui par les projecteurs et qu’il doit incliner la tête pour mieux voir la foule, il vient me chercher. C’est peut-être parce que je reconnais bien ma ville dans ses textes, ou parce qu’il sait dire de belles choses sans avoir à faire appel au dictionnaire des synonymes. Peu importe. Lors de la soirée de poésie Gérald LeBlanc, organisée dans le cadre du festival Acadie Rock, il a livré une solide performance. Il ne s’est pas pris la tête, il est resté lui-même. Un poète sans prétention qui sait livrer la marchandise.

Punctum à la GAUM, de juin à septembre

Montée par la commissaire Annie France Noël, l’exposition intitulée Punctum présentait sept approches à la photographie. En se promenant dans la Galerie d’art de l’Université de Moncton, on pouvait voir toutes sortes de choses. Du numérique, de l’argentique, des montages et ainsi de suite. Comme une partie non négligeable de mon travail consiste à prendre des photos pour illustrer mes articles, j’ai pris beaucoup de plaisir à voir ce que des artistes font avec leur caméra et quels univers ils construisent avec leurs lentilles. Une exposition éclectique qui avait du chien.

L’art visuel de Rémi Belliveau

Ce jeune artiste est très actif sur la scène artistique de Moncton. Ce n’est cependant pas la musique qu’il crée avec les Jeunes d’asteure ou ses courts-métrages qui ont attiré mon attention, mais bien son travail d’artiste visuel. On lui doit la pochette du dernier album des Hôtesses d’Hilaire, le t-shirt du festival Acadie Rock et une série d’immenses portraits où se marient la photographie, l’aquarelle, la sérigraphie et Photoshop. L’art visuel de Rémi Belliveau fait du bien à la scène culturelle de Moncton, ça mérite une place dans mes coups de coeur.

Les Hôtesses d’Hilaire sur scène

Leur album ne m’a pas épaté, mais leurs spectacles sont à ne pas manquer. Le groupe doit une fière chandelle à son chanteur, Serge Brideau, dont les frasques sur scène peuvent presque être qualifiées de légendaires. Il a maintenant la réputation de se dénuder (il se garde quand même une gêne et n’enlève pas ses sous-vêtements). Une réputation qui le suit à un point tel que les organisateurs d’un gala de remise de prix lui ont déjà gentiment demandé de rester habillé pendant sa performance. Des chanteurs charismatiques comme lui, ça ne court pas les rues en Acadie. On s’entend que ça ne plaît sûrement pas à tout le monde, mais il faut reconnaître que Serge Brideau et les Hôtesses savent divertir.

Le métro de Mark Young

La carte du métro fictive de Moncton a été créée par l’artiste graphique Mark Young. Les arrêts sont nommés d’après des personnes et des lieux bien connus dans la ville. Plusieurs pointes humoristiques se trouvent dans ce projet ludique qui a tout pour plaire à ceux et celles qui ont grandi à Moncton et qui ont côtoyé bon nombre des gens et des endroits qui se trouvent sur la carte.