Plus belles baies du monde: un titre sous-utilisé au Nouveau-Brunswick

CHARLO – Cela fait maintenant près de 10 ans que la baie des Chaleurs a adhéré au club très sélect des Plus belles baies du monde. Alors que la portion gaspésienne capitalise sur cette prestigieuse distinction internationale, le Nouveau-Brunswick, lui, brille par son désintérêt.

Au début des années 2000, un groupe de gens de la Gaspésie et du Nouveau-Brunswick se sont unis pour soumettre la candidature de la baie des Chaleurs au club des Plus belles baies du monde.

Le concept a connu un certain succès lors de son lancement. Toutefois, depuis quelques années, il survit de peine et misère au Nouveau-Brunswick grâce aux efforts de Michel Bujold, de Charlo. Seul représentant de la province, il parvient tout juste à amasser le montant minimal pour payer la cotisation annuelle à cet organisme, soit la moitié de 3500 $ (l’autre moitié étant payé par la Gaspésie).

Secrétaire de la section internationale, il a même dû à certains moments payer de sa poche pour représenter la baie des Chaleurs à l’étranger à des congrès de l’organisme.

«Ça fait plusieurs années que j’essaye de démontrer aux gens que ça vaut la peine de faire partie d’un tel réseau international. Mais on ne semble peu y croire, du moins de ce côté-ci de la baie des Chaleurs. C’est extrêmement difficile de convaincre les communautés de donner de l’argent et aussi de recruter une relève pour siéger au comité. Cette année (2013), j’étais prêt à démissionner, à jeter l’éponge», indique-t-il.

Des citoyens entendent toutefois venir lui donner un coup de main et renverser la vapeur.

«Si on ne paye pas notre part de la cotisation annuelle, la Gaspésie va tout simplement rapatrier le concept uniquement chez elle, car elle, elle y croit. Nous aurons alors perdu une chance en or de faire la promotion de notre région sur la scène internationale», souligne Monica De Moss, une citoyenne de Dalhousie.

«La Gaspésie est un exemple à suivre. Ils exploitent le concept, s’en servent pour faire de la promotion, pour attirer les touristes. Ici, les communautés ne font rien avec cela et le gouvernement non plus. On a une opportunité unique sous la main et on ne la saisit pas. Il est temps que ça change», estime-t-elle.

À ses yeux, la présence sur ce club mondial offre à la baie des Chaleurs un potentiel énorme, tant au niveau touristique qu’économique.

«On peut faire de la promotion, c’est certain, mais ça ne s’arrête pas qu’au tourisme. On peut aussi rencontrer des gens d’affaires d’autres baies du monde qui pourraient être intéressés par des produits d’ici et, donc, nous permettre de développer de nouveaux marchés», souligne-t-elle.

En compagnie de M. Bujold, celle-ci organise une rencontre spéciale le 16 janvier à Charlo afin de redynamiser la section néo-brunswickoise, rencontre ouverte où est invité l’ensemble des communautés du Restigouche à la Péninsule acadienne.

«Nous avons déjà eu confirmation que plusieurs représentants de municipalités participeront à la rencontre. On doit prendre les choses en main, travailler tous ensemble pour promouvoir davantage notre coin de pays, car visiblement le gouvernement ne le fera pas pour nous. C’est donc important que l’on travaille entre nous ici, ainsi qu’avec nos partenaires de la Gaspésie, car la baie des Chaleurs c’est notre baie à tous», dit-elle.

LES GASPÉSIENS FIERS DE LEUR BAIE

Si les Néo-Brunswickois ont boudé le concept des Plus belles baies du monde depuis quelques années, c’est l’effet contraire qui se produit en Gaspésie.

Sophie I. Gagnon est directrice de Tourisme Baie des Chaleurs, organisme qui chapeaute le membership de la portion québécoise de la baie des Chaleurs au sein du club.

«On est fier de dire que nous sommes l’une des plus belles baies au monde et que nous faisons partie de ce réseau, alors on l’affiche», indique-t-elle.

Elle a accompagné M. Bujold au Cambodge en décembre lors de l’assemblée générale annuelle du club des Plus belles baies du monde. Lors de cet événement, elle a largement vanté au reste des délégués internationaux les attraits et événements touristiques qui se tiendront en Gaspésie cette année, comme le Raid International Gaspésie ou le train touristique l’Amiral.

«On peut difficilement avoir une meilleure visibilité. On peut vendre les attraits de notre baie, mais également voir ce qui se fait ailleurs et tisser des liens avec d’autres organismes. C’est très enrichissant pour toute la région», estime-t-elle.