Politique: une année qui promet son lot de rebondissements

FREDERICTON – L’actualité politique provinciale risque d’être palpitante en 2014. Mais en cette année de scrutin, le gouvernement et l’opposition ont encore du pain sur la planche à l’Assemblée législative avant de se lancer sur le sentier électoral.

L’année politique débutera officiellement le 4 février lorsque le gouvernement de David Alward déposera simultanément son budget principal et son budget d’immobilisations 2014-2015.

Ces budgets, les quatrièmes du ministre Blaine Higgs, seront les derniers de ce gouvernement avant l’élection provinciale du 22 septembre. Le contribuable avide de baisses d’impôts préélectorales ou le conducteur en attente de bitume flambant neuf avant le scrutin pourrait cependant rester sur sa faim.

Aux prises avec une constante fuite de revenus et trois budgets déficitaires consécutifs, c’est à un exercice périlleux que se livre en ce moment le gouvernement. Selon la plus récente mise à jour économique, le déficit anticipé pour l’année fiscale 2013-2014 se chiffre dorénavant à 538,2 millions $, en hausse de 59,5 millions $ par rapport aux prévisions de mars.

Lors du dépôt du précédent budget d’immobilisations, le gouvernement avait présenté un plan pluriannuel prévoyant des dépenses de 513,9 millions $ en 2014-2015. Interrogé en décembre en prévision du prochain budget, le ministre des Transports et de l’Infrastructure, Claude Williams, n’a pas confirmé ni infirmé cette prévision.

En interview de fin d’année avec le journal, le premier ministre, David Alward, a indiqué que la seconde séance de la dernière session allait permettre au gouvernement de «travailler sur certains de nos engagements électoraux» tout en continuant «d’offrir aux Néo-Brunswickois une saine gestion de nos finances».

Parmi ces promesses qui restent à remplir, M. Alward cite le projet de loi sur le Régime médicaments du Nouveau-Brunswick qui a été déposé avant les Fêtes et qui devrait être adopté au cours des semaines suivant le retour des députés à Fredericton.

La première étape de mise en oeuvre du programme public de médicament sur ordonnance doit député le 1er mai. La majorité détenue par les progressistes-conservateurs à l’assemblée garantit que le projet de loi sera adopté. Les libéraux, s’ils sont pour le régime «en principes», remettent en question la formule de financement du programme et ses coûts pour ceux qui seront forcés par la loi d’y participer s’ils n’ont pas déjà un plan privé de médicaments.

David Alward a aussi l’intention de faire avancer le dossier de la réduction de la pauvreté ainsi que celui du maintien des personnes âgées à domicile.

Le gouvernement doit également dévoiler incessamment sa nouvelle stratégie pour assurer la compétitivité de l’industrie forestière.

Après l’adoption le 4 décembre de la réforme du régime de retraite des services publics, le gouvernement a fait connaître son intention d’imposer le même remède au secteur de l’enseignement. La Fédération des enseignants du N.-B. a depuis signalé son opposition au régime de retraite à risques partagés, ce qui laisse entrevoir un nouveau bras de fer ce printemps.

Projets de l’opposition

L’opposition officielle a elle aussi quelques projets de loi qu’elle aimerait voir adopter lors de la prochaine séance. Le Parti libéral a présenté huit projets de loi cet automne, mais un seul a cependant atteint l’étape de la deuxième lecture. L’initiative du député Donald Arseneault prévoit qu’une partie de la taxe sur le tabac soit consacrée aux programmes d’aide aux fumeurs qui souhaitent cesser de fumer.

Le gouvernement n’a pas précisé notamment s’il entendait faire adopter les cinq projets de loi déposés par le chef des libéraux concernant la transparence et l’imputabilité du gouvernement, des députés et des partis politiques.

Brian Gallant a confirmé au journal que ces initiatives feront partie de la plate-forme électorale des libéraux en prévision des élections du 22 septembre si elles ne reçoivent pas d’ici là l’appui des conservateurs en Chambre.