Le nombre de cas de grippe augmente au Nouveau-Brunswick

CARAQUET – La saison de la grippe est lancée. Pour la seule semaine du 29 décembre au 4 janvier, les autorités sanitaires du Nouveau-Brunswick ont recensé 81 cas confirmés de grippe, soit neuf fois plus que la semaine précédente.

Il s’agit presque exclusivement de la grippe de type A, précise le Dr Denis Allard, médecin hygiéniste en chef adjoint du Nouveau-Brunswick. L’hypothèse la plus probable est qu’il est question plus précisément de la grippe A (H1N1), celle qui a été responsable de la pandémie de 2009.

Si les analyses en laboratoire des derniers cas ne l’ont pas encore confirmé formellement, cette même souche du virus a néanmoins été identifiée ces dernières semaines au Nouveau-Brunswick et c’est elle qui est majoritairement présente dans d’autres provinces canadiennes où l’activité grippale bat son plein, comme l’Ouest canadien, l’Ontario et le Québec.

Une résurgence de la grippe à pareille période de l’année est habituelle.

«Pendant la période des Fêtes les gens socialisent plus, des visiteurs viennent d’un peu partout à travers le Canada. La maladie se répand plus facilement comme ça», explique le Dr Allard.

Le Dr Gilbert Blanchard ne dira pas le contraire. À la fois responsable de la Polyclinique Isabelle-sur-mer de Bas-Caraquet et médecin à l’urgence de l’Hôpital de l’Enfant-Jésus de Caraquet, il peut confirmer la recrudescence de la grippe.

«Depuis le temps des Fêtes, on a eu quelques cas à l’urgence. Ce sont beaucoup des personnes qui ont voyagé, qui viennent de l’extérieur, surtout de l’Ouest canadien», précise-t-il.

Il s’attend à ce que le nombre de cas augmente dans les prochaines semaines.

«C’est sûr qu’on va en avoir un peu plus, ces gens-là ont contaminé d’autres personnes de la région», avance-t-il.

Quant à savoir l’ampleur et la sévérité que prendra cette année l’épidémie de grippe au Nouveau-Brunswick, il semble encore trop tôt pour se prononcer.

«Pour l’instant, l’éclosion est comparable à ce que l’on a vu les dernières années. C’est un peu trop tôt pour dire s’il y aura cette année plus de cas que d’habitude», assure le Dr Denis Allard.

LA PROVINCE ACCROÎT SA SURVEILLANCE DU VIRUS

CARAQUET – Dans l’Ouest canadien, la sévérité de la grippe est déjà une réalité. Le virus a causé la mort d’au moins cinq personnes depuis le début de l’épidémie rien qu’en Alberta. Si aucun décès n’a encore été enregistré officiellement au Nouveau-Brunswick cet hiver, la province a décidé néanmoins d’accroître sa surveillance du virus qui s’appuie déjà sur un réseau de professionnels de la santé qui font office de sentinelles.
«En raison de ce que l’on entend parler dans l’Ouest, on vient d’instaurer un nouveau système de surveillance avec les régies hospitalières pour avoir un rapport hebdomadaire des hospitalisations dues à l’influenza et tous les décès qui pourraient se produire», détaille le Dr Denis Allard, médecin hygiéniste en chef adjoint du Nouveau-Brunswick. Les premiers résultats devraient être connus la semaine prochaine.
Un tel suivi existe déjà dans plusieurs provinces canadiennes. Jusqu’à présent, le Nouveau-Brunswick se contentait d’un rapport annuel sur les hospitalisations liées à la grippe. Désormais, un suivi hebdomadaire sera effectué par l’Unité de contrôle des maladies transmissibles du Bureau du médecin hygiéniste en chef qui est chargé de la surveillance de l’influenza. Ce changement de cap a été décidé cette semaine en raison des rapports en provenance de l’Ouest canadien qui font état d’une certaine sévérité de la grippe un peu inhabituelle sur les jeunes adultes avec «des gens en bonne santé qui semblent avoir été affectés de façon assez sévère», précise le Dr Allard.
Une situation imputable au virus de la grippe A (H1N1) à propos duquel on avait craint le pire lors de la pandémie de 2009. Il s’est avéré finalement moins virulent que prévu, même si ce virus de la grippe reste comme tous les autres potentiellement mortel.
«En 2009, on s’attendait à ce que la grippe soit plus sévère, mais les symptômes ont été assez légers chez la plupart des gens, même si d’autres ont été plus affectés, notamment les Premières Nations et les jeunes adultes», explique le Dr Allard.
L’an dernier, c’est essentiellement le sous-type H3N2 de la grippe A qui a circulé et a frappé principalement les personnes âgées de plus de 65 ans.
La grippe et ses complications causent chaque année au Canada la mort de 2000 à 8000 personnes, selon l’Agence de Santé publique du Canada.- PiL