Regain d’intérêt pour le Club des plus belles baies du monde

CHARLO – L’appel lancé récemment pour sauvegarder l’image de marque du Club des plus belles baies du monde de ce côté-ci de la baie des Chaleurs a été entendu.

Une trentaine de personnes – pour la grande majorité des représentants ou employés municipaux du Restigouche à la Péninsule acadienne – ont participé, jeudi, à Charlo, à une réunion extraordinaire destinée à raviver l’intérêt néo-brunswickois au concept du Club des plus belles baies du monde, club sélect dont fait partie la baie des Chaleurs. Au terme de cette rencontre, un comité de travail provisoire a été mis en place afin de coordonner les efforts dans la province et, surtout, d’amasser les fonds nécessaires afin d’assurer une certaine stabilité financière à court et moyen terme.

L’invitation avait été lancée au grand public, on s’en souviendra, après que le seul membre actif au Nouveau-Brunswick, Michel Bujold, avait indiqué qu’il songeait à se retirer du projet. Sans relève et sans le paiement de la cotisation annuelle, la Gaspésie – qui partage avec le Nouveau-Brunswick les droits sur l’image de marque – se serait du coup retrouvée seule à représenter la baie des Chaleurs sur la scène internationale.

Monica De Moss, citoyenne de Dalhousie, croit énormément dans l’importance, pour les communautés de la baie des Chaleurs, de conserver une présence au sein du Club des plus belles baies du monde. C’est elle qui est derrière l’organisation de cette rencontre de «sauvegarde». En entrevue après la rencontre, elle a avoué être soulagée de l’engagement démontré par les communautés présentes. «Je crois que tout le monde est unanime, on doit conserver notre présence sur ce club. La première étape consistait à former un comité, et on l’a fait. Maintenant, il faut aller chercher l’argent», dit-elle, sachant que cela ne sera pas chose facile.

L’argent semble en effet être le nœud du problème.

Normand Thériault a siégé au comité lors de ses balbutiements au début des années 2000. «Aujourd’hui, on est un peu à la même case que lorsque l’on a commencé il y a 10 ans alors que l’on se demandait qui allait payer la fameuse cotisation pour que l’on reste dans le club. On doit de nouveau convaincre les gens de l’importance de la visibilité offerte par le club», dit-il.

La Baie des Chaleurs fait partie du club sélect des plus belles baies du monde depuis quelques années. - Archives
La Baie des Chaleurs fait partie du club sélect des plus belles baies du monde depuis quelques années. – Archives

Selon lui, pour que le projet fonctionne, il faudra que les communautés incluses dans le projet – soit celles comprises entre Campbellton et Miscou – cessent de se poser la question à savoir quelles seront les retombées que rapportera leur investissement.

«Ce n’est pas comme ça qu’il faut aborder la question. Il faut penser de manière plus globale, voir le portrait dans son ensemble et pas uniquement ce qui se passe dans notre petite cour. Et non seulement faut-il travailler ensemble au Nouveau-Brunswick, mais je crois qu’il est primordial que l’on travaille beaucoup plus étroitement à l’avenir avec nos collègues de la Gaspésie avec qui, après tout, nous sommes partenaires dans cette histoire», indique-t-il.

Pour Jean-Robert Haché, conseiller municipal de Dalhousie, les retombées vont bien au-delà de l’argent. «C’est une question de fierté. Comme individu, je suis très fier de pouvoir dire aux gens que je demeure dans un endroit considéré comme étant l’une des plus belles baies du monde. Les retombées ne sont pas uniquement sur la façon dont les autres nous perçoivent, mais aussi sur la façon dont on se perçoit soi-même», croit-il.

Présent à la rencontre, le maire de Balmoral, Charles Bernard, a émis la suggestion d’impliquer financièrement les trois Commissions de services régionaux (Restigouche, Chaleur et Péninsule acadienne). Ces dernières pourraient ainsi récolter l’argent nécessaire au fonctionnement du comité. «C’est important que l’on établisse un plan d’affaires, que l’on détermine combien d’argent on a besoin, et qui doit payer.

La meilleure façon d’être le plus équitable possible, c’est de passer par l’entremise des CRS. Et idéalement, il faudrait réussir à s’entendre pour quelques années, pour ne pas avoir à discuter de cela tous les ans», dit-il, soulignant au passage qu’un montant annuel d’environ 5000 $, divisé entre les trois régions et des dizaines de communautés est dérisoire en soi.

L’idée de faire appel aux différentes chambres de commerce du territoire ainsi qu’au gouvernement provincial pour verser une partie de la cotisation a également été évoquée.