Des producteurs de bleuets se plaignent des motoneigistes

LAMÈQUE – Le Club motoneige Péninsule acadienne fait face à une situation préoccupante. Depuis le début de l’hiver, des producteurs de bleuets se sont plaints de la présence de motoneigistes sur leurs terrains. Une situation qui risque non seulement d’endommager les plants de bleuets, mais aussi de limiter les droits de passage sur les sentiers.

Wesley Stewart, de Lamèque, est amateur de motoneige depuis plusieurs années. Il est aussi secrétaire du Club motoneige Péninsule acadienne, qui a été formé en 2013 à la suite de la fusion des clubs de Lamèque et de Tracadie-Sheila.

Il souhaite sensibiliser les motoneigistes à cette réalité et de respecter les demandes des producteurs de bleuets.

«On a eu quelques plaintes dernièrement de certains producteurs que des motoneigistes sont passés dans leurs champs», remarque-t-il.

Il croit que ce problème découle du fait qu’il y a une hausse du nombre de motoneiges dans la Péninsule acadienne. Il ne connaît pas les raisons exactes de ce phénomène, mais constate qu’il y a parfois des vagues où la popularité de ces véhicules monte en flèche.

Il se souvient qu’il y a quelques années seulement, le club de motoneige de Lamèque comptait à peine 60 membres. Les VTT étaient bien plus populaires.

«Il y a beaucoup de gens qui s’achètent des motoneiges hors piste. Ils aiment sortir dans les champs et s’amuser dans la neige poudreuse. Il y a beaucoup de champs de bleuets ici à Lamèque et à Tracadie-Sheila. Les producteurs délimitent leurs terrains à certaines places, mais ce n’est pas toujours parfait. Des fois, il y a des gens qui passent quand même», explique Wesley Stewart.

Bien qu’il admette que c’est seulement un groupe isolé de motoneigistes qui enfreint les règles, le problème est pris au sérieux par le conseil d’administration.

«J’ai entendu une histoire dans la région de Tracadie où des gars s’amusaient en motoneige dans les champs pendant que les producteurs plaçaient les clôtures.»

Paul Lanteigne est un producteur de Lamèque qui cultive près de 600 acres de bleuetières.

Il comprend pourquoi les amateurs de motoneige font du hors-piste sur ses terrains, mais «il faudrait avoir assez de jugeote pour comprendre qu’il ne faut pas y aller», estime-t-il.

Même s’il a délimité ses terrains avec des clôtures, le problème persiste.

«Ce n’est pas juste les motoneiges, les VTT font du dommage aussi. Quand ils passent dans les champs pour faire des tours, ça peut briser les bourgeons. C’est vrai qu’avec plus de neige, les risques sont moins grands, mais c’est mieux s’ils n’y vont pas du tout», indique-t-il.

«Il n’y a aucune raison de passer dans les champs. Il y a des chemins d’accès partout.»

Il conseille au Club motoneige de la Péninsule acadienne de placer des pancartes sur les sentiers dès l’automne.

Il demande aussi aux gens de dénoncer ceux qui font du vandalisme dans les bleuetières.