Moncton veut moins de stationnements et plus d’immeubles dans son centre-ville

MONCTON – Pour revitaliser son centre-ville, Moncton pourrait bien décider de donner ses parcs de stationnement à des promoteurs afin que des immeubles y soient construits.

Offrir gratuitement des parcs de stationnement à des gens qui sont prêts à y construire de grands immeubles, il s’agit là d’une des stratégies avancées par Bill Budd, directeur du Service d’urbanisme de la Ville de Moncton, dans son rapport présenté au conseil municipal cette semaine.

Quoiqu’il s’agit bel et bien d’un don, la municipalité en tira profit à plus long terme.

Il faut dire que les espaces de stationnement ne manquent pas. À vol d’oiseau, on remarque que le centre-ville de Moncton est constitué à 42 % de parcs à autos.

Des chiffres qui datent de 2010 démontrent que le ratio de stationnement par employé est de 0,76. Dans des municipalités de taille comparable, comme Halifax ou Sherbrooke, il se situe plutôt à 0,4 et à 0,3 respectivement.

La Ville de Moncton est, entre autres, propriétaire et gestionnaire d’un stationnement de 96 places à l’arrière du Théâtre Capitol, au centre-ville. Après les coûts d’exploitation, le parc à autos génère près de 73 000 $ annuellement à la municipalité.

Un édifice érigé au même endroit rapporterait beaucoup plus à la Ville. Un immeuble évalué à 10 millions $, par exemple, pourrait générer plus de 250 000 $ en impôts fonciers par année.

L’objectif de la stratégie est d’augmenter la densité au centre-ville du côté de l’habitation et du commerce au détail. Environ 14 000 personnes s’y rendent travailler chaque jour, mais peu y habitent. M. Budd aimerait voir cette tendance se renverser.

«Je crois que le centre-ville est sous-utilisé. Il y a beaucoup d’espaces vacants qu’il faut remplir. Nous devons créer une demande pour ces espaces. Nous devons avoir plus de gens qui résident au centre-ville. Si plus de gens viennent vivre au centre-ville, nous pourrions attirer plus de détaillants», a expliqué M. Budd.

Il y aurait toutefois plusieurs critères à établir. Le rapport suggère, par exemple, que les immeubles devraient être à vocation mixte, c’est-à-dire un mélange d’espaces commerciaux et de logements. Il devrait aussi y avoir un stationnement sous-terrain pour substituer ceux qui auront été perdus.

«Moncton deviendra une ville moderne comme les autres municipalités, où les stationnements sont intégrés aux structures des immeubles», a lancé M. Budd.

Le directeur du Service d’urbanisme cite en exemple l’hôtel Marriott, au centre-ville de Moncton. L’immeuble a été construit sur un ancien site contaminé et renferme aussi un restaurant. L’établissement auquel est attaché un stationnement à étages est maintenant évalué à 12,6 millions $ et rapporte plus d’un demi-million en impôts fonciers par année à la municipalité.

Pour l’instant, tout ça n’est qu’un rapport dans lequel on retrouve plusieurs stratégies pour inciter les promoteurs à construire au centre-ville. Un comité spécial analysera le tout et sera responsable de faire avancer le dossier. Le conseil devra prendre les décisions nécessaires éventuellement.

«Les membres du conseil devront déterminer s’ils veulent un programme d’incitatifs financiers et quels en seront les critères. Les autres communautés qui ont établi ce genre de programme ont généralement déterminé des règles à suivre et un secteur précis visé», a indiqué M. Budd.

Trois parcs de stationnement sont visés par ce rapport, celui à l’arrière du Théâtre Capitol, celui au coin des rues Main et Lewis, ainsi que celui qui longe le boulevard Assomption, près de l’ancienne caserne de pompier.