L’Hôpital de Caraquet perd deux médecins

CARAQUET – Malgré le départ de deux médecins, les services médicaux offerts à l’Hôpital de l’Enfant-Jésus de Caraquet sont loin d’être en danger, soutient Luc Foulem, porte-parole au Réseau de santé Vitalité.

Contacté par l’Acadie Nouvelle, Luc Foulem a confirmé que le Dr Olivier Caron a récemment remis sa démission. Il tient à rassurer le public et affirme que le réseau a déjà entrepris un processus de recrutement pour le remplacer.

«Nous avons tout de même assez d’effectifs en place pour maintenir les services médicaux à l’Hôpital de l’Enfant-Jésus», écrit-il dans un courriel.

Un deuxième médecin de la région aurait remis sa démission, mais «en raison de la confidentialité des relations employeur-employé, nous ne pouvons commenter sur des dossiers actifs de ressources humaines», répond Luc Foulem. Plusieurs sources ont laissé entendre à l’Acadie Nouvelle qu’il s’agit de la Dre Anne-Marie Martin, conjointe du Dr Caron.

Le Dr Gilbert Blanchard, médecin à l’urgence à Caraquet, dissipe aussi les inquiétudes.

«Le service d’urgence de Caraquet n’est nullement mis en péril. Plusieurs médecins se sont ajoutés à l’équipe depuis la réouverture (de l’urgence). Nous ne sommes donc aucunement inquiets de pouvoir assurer un service de qualité avec les effectifs actuels malgré ces départs», dit-il.

Départs coûteux

Malgré tout, la Ville de Caraquet prend au sérieux ces démissions. La question de l’avenir de l’hôpital a occupé une grande partie des discussions lors de la plus récente réunion du conseil municipal.

Pendant la rencontre, il a été décidé de remettre sur pied un comité de recrutement de professionnels de la santé. Avec un peu de persévérance, et des incitatifs financiers, ce regroupement avait réussi à convaincre huit nouveaux médecins de s’installer dans la région du Grand-Caraquet pour un minimum de trois ans il y a quelques années. La municipalité, le Village de Bas-Caraquet, la  Fondation Hôpital de l’Enfant-Jésus et la Fondation Saint-Pierre avaient investi près de 200 000 $ dans cette initiative, ce qui équivaut à 25 000 $ par médecin.

Le ministère de la Santé offre aussi 20 000 $ aux médecins de famille qui s’établissent en milieu rural, à condition de signer un contrat de retour de service d’une durée de deux ans, précise Geneviève Mallet-Chiasson, porte-parole au ministère de la Santé.

Une subvention de 15 000 $ est également donnée à ceux qui établissent une pratique en santé communautaire, à condition de signer un contrat de retour de service d’un an.

Louise Blanchard, conseillère municipale et porte-parole du comité, regrette que le Dr Caron quitte la région après trois ans seulement de pratique.

«On trouve ça dommage parce que la ville a quand même contribué financièrement à recruter ce médecin», dit-elle.

«Quand le nouveau comité va se mettre en marche, il faudrait que l’entente signée demande au médecin de rester pendant plus que trois ans.»

Elle demande maintenant au Réseau Vitalité de tenir sa promesse et de recruter des nouveaux médecins dans la région le plus tôt possible.

Pour expliquer le départ des médecins, Louise Blanchard croit qu’un manque de lits pourrait être en cause. Avec l’appui des médecins œuvrant dans le Grand Caraquet, le Comité action H réclame huit lits additionnels à Caraquet depuis plusieurs années.

«Avec seulement huit lits d’hospitalisation, c’est plus difficile pour les médecins de travailler. Nous entendons parler régulièrement de cas où ils veulent hospitaliser un patient pour une seule journée ou une nuit, mais finalement, il faut l’envoyer à Tracadie ou à Bathurst. Ça coûte cher.»

Le statut de l’hôpital de Caraquet a fait l’objet de nombreuses manifestations après qu’elle eut perdu l’arrêt d’ambulance et d’autres services en 2005. L’urgence a été rouverte en avril 2012 grâce à des démarches menées par le Comité action H.