U de M: sursis pour les programmes qui étaient menacés

MONCTON – Réunis jeudi, les membres du Sénat académique de l’Université de Moncton ont jugé qu’ils ne pouvaient recevoir le rapport sur la viabilité des programmes d’études de l’établissement.

Le Sénat académique a voté et a déclaré le rapport comme étant «non recevable». En d’autres mots, il a été rejeté.

«Le Sénat académique a voté sur la recevabilité du rapport et la majorité des sénateurs ont décidé de voter contre cette motion de recevabilité. Le rapport n’a donc pas été reçu par le Sénat», a confirmé Samuel LeBlanc, vice-président académique de la Fédération des étudiantes et des étudiants du centre universitaire de Moncton (FÉÉCUM).

«Ce qu’on sait, c’est que le Sénat académique ne se penchera pas sur le rapport parce qu’il n’a pas été reçu», a-t-il ajouté.

La FÉÉCUM a voté contre la réception dudit rapport.

Ce document, dont l’Acadie Nouvelle avait obtenu copie au début de février, recommandait l’abolition nette de huit programmes et la relance de 10 autres.

Un comité du Sénat académique responsable de l’évaluation de la viabilité des programmes de l’établissement d’enseignement postsecondaire a été formé en 2011. Ce comité a déterminé et évalué 18 programmes de l’Université de Moncton.

Dans un document de 400 pages, le comité recommandait la fin du baccalauréat appliqué en intervention touristique, des baccalauréats avec spécialisation en économie et en sociologie, ainsi que des maîtrises en français, en droit et en orientation.

Le statu quo sur l’avenir de ces programmes d’études et plusieurs autres à l’Université de Moncton est donc maintenu, pour l’instant.

À l’Association des bibliothécaires et professeures et professeurs de l’Université de Moncton (ABPPUM), on espère ne pas avoir à refaire le travail. La présidente du syndicat, Marie-Noëlle Ryan, espère, en fait, que le Sénat académique ne commandera pas une autre étude de ce genre pour qu’il puisse se concentrer à la reconfiguration des programmes.

«On pense que le travail n’a pas été inutile. Si on pense que certains programmes ont des difficultés, ça nous alerte. Ça va nous permettre d’ajuster le tir et de travailler à la configuration des programmes», a expliqué Mme Ryan.

Dans une conférence de presse conjointe la semaine dernière, la FÉÉCUM et l’ABPPUM avaient exprimé leur inquiétude quant à la survie des programmes. Les deux organismes avaient alors avancé que la méthodologie et le processus qui ont mené à ce rapport sont fort discutables.

Ce serait en raison de sa méthodologie, entre autres, que le rapport n’a pas été reçu par le Sénat académique dans un vote de 20 contre 17.

Le Sénat académique se réunit à nouveau vendredi.

«CERTAINS VOULAIENT SE DONNER PLUS DE TEMPS»

Même si le Sénat académique de l’Université de Moncton a refusé d’accepter le rapport sur la viabilité des programmes d’études, cela ne veut pas dire que ses 400 pages récolteront de la poussière.

Le recteur de l’Université de Moncton et président du Sénat académique, Raymond Théberge, soutient que les programmes d’études qu’offre l’institution acadienne seront tous évalués et que le rapport pourra servir de base pour ces évaluations.

«Le travail qui a été fait pourra toujours être utilisé pour alimenter les prochaines sessions de travail qui vont débuter dans le cadre des évaluations de programmes et dans la planification stratégique», a précisé M. Théberge.

L’établissement d’enseignement postsecondaire est maintenant armé d’une politique d’évaluation institutionnelle qui a été approuvée par le Sénat en 2013. Tous les programmes seront soumis à cette évaluation, selon le recteur de l’université. Cette nouvelle politique d’évaluation renferme d’ailleurs des critères qui encadrent la viabilité des programmes.

La mise en œuvre de la planification stratégique de l’établissement exigera en plus des facultés qu’elles développent des plans académiques qui devront tenir compte des données recueillies dans l’étude de ces programmes.

Le rapport sur la viabilité des programmes a été refusé par les membres du Sénat académique lors d’un vote très serré jeudi matin, 20 contre 17. Si la plus haute instance en matière académique semblait divisée sur la question du document proposé, M. Théberge croit que ses membres pourront mettre cet épisode derrière eux.

«Je pense que le Sénat, d’une certaine façon, est un peu soulagé. Il veut reprendre le travail afin de savoir comment aller de l’avant, peut-être d’une nouvelle façon avec un nouveau processus. Je pense aussi que certains voulaient se donner plus de temps», a confié le recteur. Le rejet du rapport n’aurait aucune incidence financière sur l’établissement, selon M. Théberge. Le travail qui a mené à sa création aura cependant permis de porter une réflexion approfondie sur une thématique «qui touche tout le monde».

Les défis identifiés en août 2009 lors de la création du Comité d’étude sur la viabilité des programmes sont toutefois toujours présents, selon le recteur.

«On devra trouver des solutions pour assurer la pérennité de notre établissement», a conclu le M. Théberge.