Une «boule de feu» dans le ciel du Nouveau-Brunswick

GRAND-SAULT – Plusieurs résidants du Nouveau-Brunswick et de l’est du Québec ont affirmé avoir été témoins très tôt ce matin d’un phénomène spectaculaire dans le ciel. Tout semble démontrer qu’il s’agirait d’une météorite.

Divers témoignages font état d’une immense boule de feu qui aurait traversé le ciel peu après 5 h (heure de l’Atlantique) mardi matin.

Selon plusieurs, une lumière intense aurait éclairé le ciel durant un bon moment.  D’autres témoins ont affirmé avoir entendu une forte détonation.

«J’ai vu cette lumière mystérieuse vers 5 h 10 ce matin, ç’a tout éclairé ma chambre à coucher et j’ai entendu un genre de bruit de tonnerre après», a affirmé Linda Mallet, une lectrice de l’Acadie Nouvelle qui réside à Petite-Lamèque.

«Vers 5 h du matin, je m’apprêtais à coucher ma fille de 2 mois et tout d’un coup en la déposant, ç’a commencé a s’éclairer comme s’il allait manquer d’électricité… J’ai regardé par la fenêtre et la boule de feu tombait, ça donnait l’impression d’un spotlight qui s’allumait et s’éteindait vite! Ça n’a pas duré vraiment longtemps, par la suite il y a eu un gros vent», a pour sa part relaté Janie William, qui réside à Bertrand.

Personne n’est encore en mesure de confirmer la nature de cet objet lumineux. Mais selon le professeur de physique Jim Drummond, de l’université Dal-housie, en Nouvelle-Écosse, il s’agit probablement d’une météorite qui est entrée dans l’atmosphère terrestre.

Il rappelle que ces phénomènes sont assez courants.

L’hypothèse de l’écrasement de débris spatiaux est également à considérer, précise-t-il.

«C’est bien les deux possibilités, mais sans plus d’information, par exemple trouver la météorite ou le satellite au sol, il est difficile de trancher la question», a affirmé Francis LeBlanc, astrophysicien et doyen de la faculté des sciences de l’Université de Moncton.

Selon ce dernier, la présence dans le ciel d’un météore est l’hypothèse la plus plausible pour expliquer le phénomène.

«Il n’y a rien eu d’officiel d’enregistré par Environnement Canada, pas de phénomène météorologique qui pourrait expliquer tout ça», a quant à lui souligné en entrevue Claude Coté, météorologue.

La Sûreté du Québec, pour sa part, affirme avoir reçu une vingtaine d’appels de citoyens inquiets.

«C’est un phénomène particulier qui s’apparente à une météorite. Les gens ont affirmé avoir aperçu une boule lumineuse traverser le ciel, suivi d’une forte détonation qui a fait vibrer plusieurs maisons dans la région de la baie des Chaleurs», a dit le sergent Claude Doiron de la SQ.

«Nous avons contacté la GRC, la Garde côtière, Environnement Canada et la tour de contrôle de l’aéroport de Mont-Joli afin de savoir s’ils détenaient des informations au sujet du phénomène décrit par les gens», a ajouté ce dernier.

La Sûreté du Québec affirme avec assurance qu’il n’y a pas eu de personnes blessées ou de dommages matériels constatés à la suite de l’évènement.

À la GRC, la gendarme Julie Rogers-Marsh, agente des relations avec les médias, affirme que le corps policier n’a pas reçu d’appel ou de rapport concernant le phénomène céleste.

Questionnée à ce sujet par l’Acadie Nouvelle, une porte-parole de la NASA n’a pas été en mesure de confirmer si des morceaux de débris spatiaux auraient pu tomber sur la Terre.

Cette hypothèse de la présence sur terre de débris en provenance de l’espace est toutefois à écarter, selon Marc-André Paradis, astronome à l’observatoire Aster de Saint-Louis-du-Ha! Ha!

«Les débris sont surveillés et il est possible de savoir en tout temps quand ils vont entrer dans l’atmosphère. On préconise simplement le fait qu’il s’est agi d’un météore, simplement dans la journée de lundi, il en est tombé six qui ont pénétré dans l’atmosphère de la terre», mentionne-t-il

Un point de vue qui est partagé par Denis Laurin, qui est scientifique principal de programme en astronomie spatiale, à l’Agence spatiale canadienne.

«Il semble facile de confirmer qu’il s’est agi de la présence d’un météore qui était assez brillant et important, tout semble pointer en cette direction, mais c’est difficile de parler de la nature du météore, sans pouvoir trouver des fragments au sol».