Roch Voisine souhaite un CMA 2014 ouvert sur le monde

MONCTON – À 142 jours de la tenue du Congrès mondial acadien, le porte-parole Roch Voisine, qui parcourt le monde, estime que la réception du public est positive, bien qu’elle diffère d’un endroit à l’autre.

De passage à Moncton mardi pour participer, entre autres, à l’émission Méchante Soirée, à Ici Radio-Canada Acadie, Roch Voisine souhaite avant tout que le prochain congrès soit ouvert sur le monde. En participant aux trois grands concerts du CMA 2014, il espère que ces manifestations musicales solidifieront la confiance et l’intérêt des francophones de l’est du Canada à l’égard de leurs artistes. Selon le célèbre chanteur, le CMA mettra en valeur un éventail de la richesse musicale de l’Acadie ainsi que des fils et des filles de l’Acadie d’un peu plus loin. Dans ces concerts, il sera entouré d’une multitude de musiciens et de chanteurs, comme Marie-Jo Thério, Natasha St-Pier, Lisa LeBlanc, Radio Radio, Zachary Richard, Jason Guerrette, Jean-Marc Couture et Édith Butler.

Roch Voisine dit avoir découvert des artistes acadiens de grand talent au cours des dernières années, notamment à Lorient, en Bretagne, et à la Semaine de la musique de la côte Est. Si certains sont très populaires, par exemple Jean-François Breau, d’autres sont moins visibles au Québec, rappelant qu’il s’agit d’un métier difficile.

«Si je prends comme référence ce qu’on a fait comme spectacle à Saint-Quentin l’an passé, il y a du talent à revendre», dit-il, précisant du même coup qu’il ne s’est pas immiscé dans la programmation. Son rôle est de promouvoir l’événement à l’extérieur. Son objectif comme porte-parole est de prendre la cause du CMA sous son aile et de la faire voyager le plus loin possible.

«On doit avoir une approche différente d’un endroit à l’autre. Les gens ont entendu parler de l’Acadie parce que nous avons beaucoup d’ambassadeurs depuis bien des années. Tu vois qu’il y a un travail qui a été fait, un peu similaire à ce que les Québécois font depuis 25 ans. Quand je suis arrivé en France, il y a 25 ans, il fallait que j’explique ce qu’était le Canada. Les gens pensaient à cette époque que s’ils venaient à Montréal, ils risquaient de rencontrer des orignaux sur la rue Sainte-Catherine. C’est une caricature, mais c’était pas loin de ça à l’époque», a-t-il raconté.

Selon lui, la francophonie mondiale est beaucoup mieux informée sur l’Acadie que les anglophones. «Mon rôle est de créer un intérêt, d’inviter les gens et de mettre une image sur le Congrès mondial acadien. Quand on arrive dans une grande émission de télé en France, c’est un peu plus ardu de leur expliquer ce que c’est parce qu’on n’a pas beaucoup de temps», a poursuivi le chanteur.

À la fois Brayon, Acadien et Québécois, et menant de front une carrière en français et en anglais, Roch Voisine représente bien ce mélange culturel que l’on peut retrouver dans la grande région du Madawaska. Lui arrive-t-il d’être aux prises à des crises identitaires?

«J’ai fait la paix avec mon identité depuis longtemps. Je suis tout ça. J’ai accepté le fait que des fois je suis français, parfois anglais, que des fois je suis chez moi ou bien à l’étranger. Je me suis habitué à me présenter aux anglophones d’une certaine façon et aux francophones d’une autre. Avec le temps, je le vis beaucoup mieux parce qu’au début de ma carrière, j’avais un peu de complication identitaire», a confié Roch Voisine.

De retour d’Europe, où il était en tournée, Roch Voisine, qui a lancé récemment My very best au Canada, prépare un nouveau disque en anglais de chansons originales qui sortira à l’automne. Il figure aussi sur la compilation Forever Gentlemen, parue en Europe à l’automne 2013. Ce collectif de plusieurs chanteurs qui reprend des succès des années 1950 et 1960 figure parmi les meilleurs vendeurs en Europe.