Des conditions au retour de Jim Parrott dans le caucus conservateur

FREDERICTON – Jim Parrott devra faire «amende honorable» s’il souhaite réintégrer le caucus du Parti progressiste-conservateur, prévient Paul Robichaud. Le député de Fundy-River-Valley siège comme indépendant depuis 2012 pour avoir remis en question la dualité en santé.

«Dans le sillage de la dualité, vous trouverez la médiocrité», avait déclaré Jim Parrott en une d’un quotidien anglophone le 19 septembre 2012.

«Si les anglais en ont un, les français doivent en avoir un. J’ai de la difficulté avec ce courant de pensée. On n’a pas les moyens de se payer la dualité», avait-il dit. Le lendemain, le chirurgien cardiaque à la retraite était mis à la porte du caucus de son parti. À six mois des prochaines élections provinciales, le Dr Parrott entend maintenant se porter candidat à l’investiture du Parti progressiste-conservateur dans la nouvelle circonscription de Kings-Centre, au sud-ouest de Saint-Jean.

«J’ai toujours été un conservateur et je le serai toute ma vie», a-t-il confié mercredi.

«Être un député indépendant a ses avantages, mais si tu veux vraiment accomplir des choses, tu dois faire partie d’un groupe de gens qui partagent ta façon de penser. C’est comme ça que l’on fait du progrès.»

Interrogé sur les intentions de Jim Parrott, le vice-premier ministre, Paul Robichaud, a posé les conditions au retour du député dans la famille conservatrice.

«Le Parti progressiste-conservateur du Nouveau-Brunswick est un parti très ouvert et lorsque les gens font amende honorable de leurs erreurs et qu’ils veulent revenir à l’intérieur de notre caucus ou même de notre parti, ils peuvent le faire. Ce ne sont pas des sanctions à vie quand même», a commenté M. Robichaud.

«S’il corrige sa position et qu’il adhère aux valeurs fondamentales du Parti progressiste-conservateur, ça sera une décision du caucus à ce moment-là de le réintégrer. Tant qu’il ne répond pas à ces conditions de base, c’est un sujet dont nous ne prendrons même pas la peine de discuter», a précisé le vice-premier ministre.

Au sujet de sa déclaration de 2012, le Dr Parrott a avoué avoir abordé des «questions sensibles».

«L’une des choses que je regrette, c’est d’avoir utilisé le mot dualité dans les remarques que j’ai faites. La dualité est un mot lourd de sens dans cette province et ç’a été interprété par certaines personnes d’une autre façon que je l’aurais voulu», a admis le député.

«Ce que je voulais dire, c’est qu’en ce qui concerne les dépenses en santé, nous ne devrions pas dépenser d’argent avec des intentions politiques», a-t-il dit.

«Je crois que lorsqu’un patient se présente dans n’importe quel hôpital de la province, il doit pouvoir être servi dans la langue officielle de son choix», a-t-il ajouté.

Les membres du Parti conservateur choisiront leur candidat le 10 mai en vue des prochaines élections. Selon le Dr Parrott, David Alward n’a posé aucune condition à son retour lors d’une rencontre entre les deux hommes dans son bureau de circonscription il y a deux semaines.

«Le premier ministre a dit que si je remportais l’investiture, et ce sont ses mots exacts, il serait fier de signer mes papiers (de candidature). Je me dis que c’est un très bon signe», a raconté M. Parrott mercredi. Il a aussi laissé entendre que des discussions avaient lieu concernant son retour au sein du caucus conservateur avant la fin de la session législative. Le cabinet du premier ministre n’a pas répondu à nos demandes d’interview à ce sujet.

Selon le chef du Parti libéral, «c’est évident que le vice-premier ministre et le premier ministre ne sont pas sur la même longueur d’onde». «Ils ne semblent pas avoir les mêmes conditions (pour le retour du député). Ils ne semblent pas dire la même chose à Jim Parrott», a souligné Brian Gallant.

Jim Parrott a été élu pour la première fois dans la circonscription de Fundy-River-Valley en 2010 en récoltant le double des voix du député libéral sortant, le ministre de l’Énergie Jack Keir.