Les acériculteurs du Restigouche-Ouest haussent le ton

SAINT-QUENTIN – Les producteurs de sirop d’érable du Restigouche-Ouest se sentent oublié par le gouvernement et réclament toujours un plus grand accès aux terres publiques.

Les acériculteurs en ont gros sur le cœur.

Ils n’ont en fait toujours pas digérer le plan forestier présenté la semaine dernière par la province, plan qui ne fait aucune mention de leurs revendications. Ils espéraient en effet y retrouver des mesures bonifiant leur accès aux terres de la Couronne.

«Mais présentement, il n’y a rien. On était censés faire partie intégrante de ce plan, et on ne retrouve rien qui nous concerne», souligne Jean-François Laplante.

Propriétaire de l’érablière Laplante & fils et vice-président de l’Association acéricole du Nouveau-Brunswick, il s’explique mal l’absence de mesure envers le domaine acéricole.

«On ne veut pas jouer aux trouble-fête, mais on attend depuis longtemps qu’on nous donne accès à du terrain afin que notre industrie puisse continuer à fleurir. On a malheureusement l’impression que nous ne sommes pas entendus», indique-t-il.

Plusieurs d’entre eux ont ainsi pris part, mercredi, à une manifestation pacifique organisée au pied de la feuille d’érable géante qui orne l’entrée de la ville de Saint-Quentin.

Le symbole est fort, car si l’érable est l’emblème de cette communauté, il constitue aussi la précieuse ressource que le gouvernement s’entête à refuser aux producteurs.

Malgré plusieurs demandes au gouvernement, ils n’ont toujours pas obtenu un plus grand accès aux terres publiques.

«On est voués à rester avec les mêmes parcelles de terrains. C’est très difficile dans ces conditions de prendre de l’expansion, de faire des agrandissements. Ce n’est d’ailleurs pas un enjeu unique au Restigouche-Ouest. Cette problématique affecte les acériculteurs de toute la province», ajoute M. Laplante.

À l’heure actuelle, seulement 0,4 % de la forêt publique est utilisé par les acériculteurs. Ils désirent faire grimper ce taux à 1 % au cours des 10 prochaines années. Cela représente un total de 10 000 hectares.

Denis Côté est également producteur de sirop d’érable à Saint-Quentin.

«Ça fait plusieurs années que l’on travaille à convaincre le gouvernement que nous avons besoin d’avoir accès à ces terres pour pouvoir prendre de l’expansion, demeurer compétitifs et de garder notre position au chapitre mondial. Il dit comprendre la situation et qu’on aura notre part du gâteau. On le croyait vraiment. On pensait vraiment que l’on serait inclus dans le dernier plan forestier du gouvernement, mais on n’a rien eu. Aujourd’hui, nous, les producteurs, on en a assez de se faire raconter des mensonges par nos dirigeants», souligne-t-il

Et puis maintenant, quelle est la suite des choses?

«Pour l’instant, la balle n’est plus dans notre camp. On va attendre la demande de notre gouvernement, à savoir ce qu’il entend faire avec nos demandes.

Le Restigouche-Ouest compte une quarantaine de producteurs de sirop d’érable, ce qui représente environ 600 emplois. Dans l’ensemble de la province, cela représente 2800 emplois.

Il s’agit d’une industrie qui génère des retombées économiques de 20 millions $. Selon l’Association acéricole du Nouveau-Brunswick, si l’on double le nombre d’hectares disponibles pour les acériculteurs, on doublerait la production et, du même coup, le nombre d’emplois.

– Plus de détails à venir