Investiture libérale: les candidats se bousculent aux portes dans Lamèque-Shippagan-Miscou

SHIPPAGAN – À six mois des élections générales provinciales, déjà trois candidats se sont fait connaître pour décrocher l’investiture libérale dans la circonscription Lamèque-Shippagan-Miscou, un bastion conservateur depuis de très nombreuses années.

Jérôme Roy, le président de l’Association libérale de cette circonscription, est le premier à le reconnaître, avoir autant de candidats à l’investiture est un fait inhabituel.

«Si c’est déjà arrivé, il faut alors remonter loin dans les archives, ce n’est vraiment pas commun pour notre circonscription. Je ne peux pas dire si historiquement c’est une première, mais de ce que je me souviens, trois candidats, c’est un gros chiffre qu’on n’a pas vu depuis plusieurs années.»

Les candidatures de Keith Chiasson, de Wilfred Roussel et de Jean-Guy Savoie sont à ses yeux un signe positif.

«Ça montre qu’il y a un intérêt pour cette élection et dans le fond, ça va offrir l’opportunité à nos membres de faire un vrai choix», considère Jérôme Roy, en précisant que lors des derniers scrutins provinciaux, «c’était plutôt des gens qui se faisaient élire par acclamation» qui ont représenté le Parti libéral. Il n’en sera pas de même cette fois. Le choix du candidat libéral se fera lors du congrès d’investiture, dont la date n’a pas encore été fixée.

D’ici là, les candidats à l’investiture vont faire campagne pour convaincre les partisans libéraux de les choisir. Le soir du congrès, il n’en restera qu’un pour porter les couleurs libérales. «Après l’élection, on souhaite que les autres personnes se rangent derrière le gagnant, il ne faut pas oublier que le véritable adversaire c’est l’autre parti», rappelle le président de la circonscription.

Et, justement, l’adversaire dans le cas présent c’est le Parti progressiste-conservateur qui tient la circonscription depuis de nombreuses années. Élu pour la première fois lors de l’élection générale de 1999, Paul Robichaud n’a jamais été battu et il s’est imposé au fil des scrutins avec une confortable majorité.

Lors du dernier en date, en septembre 2010, il a même réalisé l’un de ses meilleurs résultats en recueillant près de 59 % des suffrages exprimés.

De là à considérer la circonscription Lamèque-Shippagan-Miscou comme un fief conservateur, il y a un pas qui peut être vite franchi.

«C’est quand même un bastion conservateur depuis plusieurs années, c’est un endroit difficile à remporter tenu par Paul Robichaud, qui est un excellent politicien, un ministre très connu», veut bien reconnaître Jérôme Roy.

S’il est conscient du défi que cela va représenter pour le candidat libéral, le président de la circonscription ne baisse pas pour autant les bras. «On voit dans les sondages qu’il y a peut-être un vent de changement qui s’en vient», constate-t-il. Mais soufflera-t-il assez fort pour déloger le vice-premier ministre de son siège, c’est une autre affaire.

Si Paul Robichaud a fait la preuve d’un ancrage fort ces 15 dernières années, la circonscription n’a pas toujours été tenue par les conservateurs.

«On peut se souvenir d’Aldéa Landry, qui a été vice-première ministre du gouvernement McKenna», rappelle le politologue de l’Université de Moncton, Roger Ouellette. Aldéa Landry s’était imposée en 1987 face au député conservateur sortant Jean Gauvin, qui avait pris sa revanche quatre ans plus tard.

Le libéral Jean-Camille DeGrâce a lui aussi remporté la circonscription Lamèque-Shippagan-Miscou contre Paul Robichaud en 1995.

«C’est une circonscription rurale où l’importance du député est grande», analyse Roger Ouellette, en rappelant que le scrutin est bien sûr local.

«On peut être vice-premier ministre, avoir de hautes fonctions, mais il ne faut jamais oublier que ce sont les électeurs de cette circonscription qui vont élire le député. Ce n’est pas à Fredericton qu’il va se faire élire, mais dans la circonscription de Lamèque-Shippagan-Miscou.»