Saint-Louis-de-Kent: des Acadiens partagent leur fierté d’être francophone

Robert Maillet est l'un des dix invités qui ont parlé aux élèves de l'école Mgr-Marcel-François-Richard, mercredi matin, dans le cadre de la Semaine provinciale de la fierté française. - Acadie Nouvelle: Jean-Marc Doiron
Robert Maillet est l’un des dix invités qui ont parlé aux élèves de l’école Mgr-Marcel-François-Richard, mercredi matin, dans le cadre de la Semaine provinciale de la fierté française. – Acadie Nouvelle: Jean-Marc Doiron

SAINT-LOUIS-DE-KENT – Un panel d’Acadiens influents a parlé aux élèves de l’école Mgr-Marcel-François-Richard de Saint-Louis-de-Kent, mercredi, de leur langue et de leur culture, dans le cadre de la Semaine provinciale de la fierté française.

L’activité a mis en vedette un membre de l’ancienne société secrète l’Ordre de Jacques-Cartier (la Patente), une vedette de Hollywood et un exproprié de Kouchibouguac, entre autres.

Au total, 10 personnalités de la communauté ont raconté leur histoire et le rôle de la langue française dans leur vie.

Le comédien des films Sherlock Holmes et 300, Robert Maillet, a raconté aux jeunes comment il est devenu fière de sa culture alors qu’il parcourait le globe durant sa carrière de lutteur, à la fin des années 1990.

«Dans le temps, je ne pensais pas qu’être Acadien était quelque chose de spécial. Mais quand je suis allé en Mexique, au Japon, en Corée du Sud et un peu partout en Asie, j’ai réalisé comment chaque place a sa propre histoire», a fait savoir M. Maillet.

«Quand le monde me demandait d’où je venais, je répondais de l’est du Canada. On pensait que je venais du Québec. En expliquant à plusieurs reprises ce qu’est un Acadien et les Provinces maritimes, j’ai réalisé comment on est uniques, et comment je suis fier d’où je viens», a affirmé celui qui habite toujours à Sainte-Marie-de-Kent.

Les invités ont transmis un message «très pertinent» aux élèves, selon le directeur de l’école, Gary Fontaine.

La culture anglophone a une grande influence à Saint-Louis-de-Kent, comme dans la plupart des communautés du comté de Kent. Les films, les émissions de télévision, les livres et la musique américains sont populaires auprès de la jeunesse de la région.

L’utilisation et la connaissance de l’anglais poussent des finissants du secondaire à s’inscrire dans des universités anglophones.

«J’ai trouvé intéressant de voir des gens qui n’étaient pas nécessairement des promoteurs ou des défendeurs de la langue quand ils étaient élèves. Certains ont même dit avoir échoué leurs cours de français à l’école. Mais maintenant qu’ils sont dans le monde professionnel, ils voient l’utilité de la langue française», a expliqué M. Fontaine.

«C’est excitant de voir de gros noms comme Alcide F. LeBlanc, un homme très important pour nous autres; notre amphithéâtre est nommé en son honneur. Des événements comme aujourd’hui nous rappellent l’importance du français», a fait savoir Sébastien Bordage, vice-président interne du conseil étudiant de l’école MFR.

Cette activité a eu lieu pour une quatrième année consécutive. Chaque invité a animé trois conférences de 30 minutes devant des d’élèves de la 9e à la 12e année.

Selon les organisateurs, d’autres écoles de la région ont démontré un intérêt pour organiser une journée semblable.

En plus de Robert Maillet et d’Alcide F. LeBlanc, les élèves de MFR ont eu droit à des présentations de Gilbert Doucet, ancien membre de l’Ordre de Jacques-Cartier, d’Arnold Vautour, exproprié de Kouchibouguac, de Nicole Daigle, auteure de neuf livres pour jeunes, de Janic Godin, animateur à Radio-Canada Acadie, d’Alphonce Doucet, survivant du désastre d’Escuminac de 1959, et de Nicole Richard, qui a lutté pour une école unilingue francophone.

 

«Oui, j’ai assommé Ironman»

Un élève de 9e année de l’école MFR, Miguel Comeau, n’a pu s’empêcher de poser à Robert Maillet une question que plusieurs avaient à l’esprit.

«C’est-tu vrai que tu as frappé Robert Downey Junior?», a-t-il demandé candidement.

«Oui, je l’ai fessé», a répondu en riant l’homme de 6 pieds 10 pouces.

Alors qu’ils filmaient une scène de combat pour le film Sherlock Holmes, en novembre 2008, il a décroché un coup de poing que Robert Downey Junior devait bloquer.

Par contre, celui qui tient la tête d’affiche de la trilogie Ironman n’a pas eu le temps de réagir.

«Il a oublié de bloquer !», a lancé M. Maillet.

«Il est tombé, et je savais immédiatement que je lui avais fait mal. J’ai pensé que j’avais ruiné le film. On a mis de la glace et on a pu finir la scène. Ensuite, il a été à l’hôpital et a dû recevoir cinq points de suture», a-t-il ajouté.

La malchance a fini par être une bénédiction pour Robert Maillet. Le fait que l’homme de Sainte-Marie-de-Kent ait «assommé Ironman» a fait fureur sur Internet et dans les médias.

«Enfin, c’était une bonne façon d’avoir de la publicité, ça m’a mérité beaucoup d’entrevues», a expliqué celui qui tourne une nouvelle série télévisée de vampires, The Strain.

Durant sa présentation, M. Maillet a affirmé qu’il rêve un jour de tourner un film avec Arnold Schwarzenegger. Il a aussi mentionné qu’il joue dans le nouveau film de son bon ami Dwayne «The Rock» Johnson, Hercules.

De plus, il a affirmé qu’il a travaillé pendant quelques jours avec Paul Walker sur le film Brick Mansions, le dernier que l’acteur a tourné au complet avant son décès soudain dans un accident routier en novembre.

Il va sans dire qu’on aurait entendu une mouche voler dans la salle tant les élèves écoutaient attentivement les histoires du gentil géant.