Deux ans de prison pour un ancien chef scout

MONCTON – Un ancien chef scout de la région de Moncton, David Wolf, écope de deux ans de prison pour avoir commis des actes de nature sexuelle auprès de quatre jeunes garçons dans les années 1960.

L’homme âgé de 69 ans a plaidé coupable à quatre chefs d’accusation d’attentat à la pudeur d’une personne de sexe masculin au cours des derniers mois. Il a reçu sa sentence vendredi matin à la Cour provinciale de Moncton.

Les actes qui sont reprochés à M. Wolfe se sont produits à Riverview et Port Elgin entre 1962 et 1967. Il était alors âgé de la vingtaine.

Dans un cas, il a amené un jeune homme à son domicile pour ensuite lui offrir de l’alcool et le forcer à se masturber, tandis qu’il se masturbait également. Dans un autre cas, il a approché un jeune homme en vélo et l’a invité chez lui. Rendu là, il lui a montré une photo d’une femme nue et lui a touché l’entrejambe et a entré sa main dans les pantalons du garçon, pour lui toucher brièvement les parties génitales.

Il y a un interdit de publication sur l’identité des victimes. Elles se sont néanmoins exprimées par déclaration devant la cour. À peine un mètre à côté d’elle, leur agresseur était assis avec la mine basse et les mains tremblotantes.

«Après 40 ans, justice a été faite. Cela ne va pas enlever ce qui a été fait, mais, je l’espère, rendra nos vies un peu plus faciles à accepter», a indiqué une des victimes en ayant toute les difficultés du monde à s’exprimer sans éclater en sanglots.

Une autre s’est souvenue du jour où elle était excitée d’aller jouer au billard chez le chef scout. Cette journée l’aura marquée toute sa vie.

«Cette personne qu’on peut maintenant appeler un pédophile m’a arraché mon innocence», a lancé une autre victime.

Un autre homme n’a pas trouvé la force de s’exprimer de vive voix devant le juge Irwin Lampert qui a lu sa déclaration devant la cour.

«Je suis toujours affectée par la dépression et je considère le suicide quotidiennement», a affirmé une autre victime dans sa déclaration.

En plus de son emprisonnement, M. Wolfe devra être inscrit au registre des délinquants sexuels en plus de fournir un échantillon d’ADN. Cette sentence a été proposée conjointement par les avocats de la défense et de la Couronne.

«La vraie punition est l’exposition publique, mais la prison est aussi une punition sévère», a indiqué le juge Lamper en prononçant la sentence.

Coupable, l’homme a été immédiatement escorté par des shérifs vers l’air de détention. M. Wolf n’a pas voulu s’adresser à la cour avant son incarcération.